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plus l'épidémie se prolonge, plus j'éprouve d'empathie pour les robots

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A force de vivre comme des robots, nous allons finir par nous confondre avec eux.

plus l'épidémie se prolonge, plus j'éprouve d'empathie pour les robots
plus l'épidémie se prolonge, plus j'éprouve d'empathie pour les robots Crédits : Andriy Onufriyenko - Getty

Plus l’épidémie se prolonge, plus j’éprouve d’empathie pour les robots. Je partage pleinement ce que doit être la monotonie de leur existence, chaque nouvelle journée ressemblant à l’identique à la précédente. Une répétition mécanique du temps et des gestes. Si bien que depuis un an, je m’intéresse de près à la littérature les concernant.

Et il ne se passe pas une semaine sans qu’une innovation ne donne à voir ce que pourrait être le futur des relations entre l’homme et la machine. C’est ainsi que je suis tombé il y a quelques jours sur un petit film à propos du premier robot capable de servir d’avatar à son propriétaire dans le monde réel. Non pas dans un jeu vidéo mais dans la vraie vie !

Illustration : vous partez à Biarritz cet été et vous voulez vous mettre au surf. Mais soit parce que vous êtes cas contact, soit parce que vous vous êtes foulé la cheville, soit tout simplement parce que vous avez la flemme, vous ne pouvez pas vous déplacer en magasin pour acheter une planche. Et bien un robot va le faire à votre place. Equipé d’un casque et de gants munis de capteurs, vous guidez la machine à distance et ressentez au creux des mains la texture de la matière : vous y êtes sans y être vraiment (et ce qui vaut pour un achat en magasin peut tout à fait s’extrapoler pour d’autres types de corvée comme changer la couche d’un bébé ou aller manger chez ses beaux-parents)

Du robot qui vous remplace au robot qui nous remplace, il n’y a qu’un pas que l’imagination n’est plus la seule capable de nous faire franchir. La littérature s’intéresse depuis belle lurette à cette idée selon laquelle adviendra un temps où les machines pourront se passer de nous. Elles seront en tout cas bientôt en mesure, comme dirait Jean-Jacques Goldman,  de faire des bébés toutes seules.

C’est ce qu’on apprend à la lecture d’un article du Daily Telegraph, traduit par Courrier International, à propos de robots capables de se reproduire entre eux. L’idée est la suivante (et je prie tous les roboticiens du monde de se boucher les oreilles s’ils sont allergiques à l’excès de vulgarisation) : vous faites s’accoupler deux machines entre elles (du moins leur code informatique) pour donner naissance à ‘’un bébé robot imprimé en 3D qui présente les meilleures caractéristiques de ses deux parents’’.

Oui car l’idée est de pratiquer une forme d’eugénisme robotique, en partant du principe que deux robots performants vont ‘accoucher’ d’un rejeton qui le sera encore plus, chaque nouvelle génération améliorant les aptitudes de la précédente, ce qui, d’après l’article, pourrait s’avérer fort utile pour ‘terraformer’ d’autres planètes afin de les rendre habitables aux humains. Autrement dit, on envoie des colonies de robots sur Mars pour faire le sale boulot en les laissant s’adapter aux conditions locales et quand tout est prêt, on débarque.

Pour ma part, et en dépit des lois très strictes de la robotique telles qu’édictées par Isaac Asimov, j’ai un doute sur le fait que nos amies les machines acceptent sans sourciller de nous voir profiter seuls du fruit de leur travail. Mais cette approche qui consiste à considérer que nous appartenons à deux espèces différentes est sans doute déjà obsolète.

Dans le chapitre qu’il consacre aux Robots dans son volumineux ouvrage ‘’Futur. Notre avenir de A à Z’’ (Flammarion), l’essayiste Antoine Bueno insiste sur ce qu’il considère comme la future grande révolution dans ce domaine : l’avènement des nano-robots. Des machines réduites à la plus infime dimension, ‘’diffusées dans notre organisme pour assurer en permanence sa maintenance’’, ‘’ils délivreraient cellule par cellule les principes actifs et nutriments dont le corps a besoin pour se régénérer et se nourrir’’.

Le fait est qu’on en est encore très loin et que la fusion totale entre l’homme et la machine n’est pas pour demain. Il n’empêche que plus l’épidémie se prolonge, plus j’éprouve de l’empathie pour les robots.

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