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l'éducation au développement durable ’'ne constitue pas une nouvelle discipline mais un champ par lequel toutes les disciplines sont concernées’’

Education à l'environnement : globalement positive

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La transition écologique suppose une approche systémique. L'institution scolaire semble en avoir pris conscience (du moins en partie)

l'éducation au développement durable ’'ne constitue pas une nouvelle discipline mais un champ par lequel toutes les disciplines sont concernées’’
l'éducation au développement durable ’'ne constitue pas une nouvelle discipline mais un champ par lequel toutes les disciplines sont concernées’’ Crédits : Hiroshi Watanabe - Getty

Des huit années passées à présenter ‘Du Grain à moudre’ sur cette antenne, j’ai retiré au moins une certitude : les débats ne sont jamais aussi constructifs que lorsque s’y croisent les expertises issues de différentes disciplines. Chacune apporte sa pierre à l’édifice d’une réponse commune. C’est la diversité des points de vue qui fait avancer le débat, davantage que la confrontation directe entre les pour et les contre.

Ceci est valable pour tous les sujets, quels qu’ils soient, mais disons que s’il en est un pour lequel ça l’est plus encore que pour les autres, c’est bien la transition écologique. Celle-ci est systémique : elle ne supporte pas la mise en silos. Sa compréhension et son appréhension ne peuvent aboutir qu’à travers une approche interdisciplinaire.

Facile à dire, pas si facile à faire. Dans cette journée où nous parlons, sur France Culture, d’éducation et d’émancipation, une des questions qui se pose est justement la façon de faire entrer ce défi au sein du système scolaire. Comment intégrer ce projet de transition écologique, ce passage d’un ‘régime d’équilibre à un autre’, dans un modèle éducatif qui favorise la séparation entre les disciplines ? Que disent les textes à ce sujet ?

Et bien, aussi surprenant que cela puisse paraitre, les textes sont assez lucides, et ça ne date pas d’hier. Dans l’article qu’elle consacre à cette question dans le volumineux Dictionnaire critique de l’Anthropocène (partenaire indispensable de mon confinement et de mon reconfinement), la géographe Christine Vergnolle-Mainar rappelle qu’en France, l’éducation en matière d’environnement fut introduite en 1977 par une circulaire du ministère de l’Education nationale, et que celle-ci ‘’concerne toutes les disciplines scolaires et tous les niveaux d’enseignement, ce qui en fait un objet interdisciplinaire pouvant être abordé dès le plus jeune âge’’.

Beaucoup de choses ont changé depuis, à commencer par le vocabulaire. Il est question désormais, depuis 2004, d’éducation au développement durable, mais avec un même souci de globalité. La dernière circulaire sur le sujet, qui date du mois de septembre, rappelle que cette éducation ‘’ne constitue pas une nouvelle discipline mais un champ par lequel toutes les disciplines sont concernées’’. Elle dit aussi que les questions qui relèvent du climat, de la biodiversité ou des pandémies révèlent ‘’la nécessité d’une prise de conscience collective sur les interactions scientifiques, sociologiques, économiques, sociales et culturelles qui en constituent la trame’’.

On retrouve cette prise en compte du caractère global de ce projet dans le guide élaboré en 2016 par la Conférence des grandes écoles et la Conférence des présidents d’université. A la question ‘’que signifie de former les futurs acteurs d’un développement durable dans le supérieur ?’’, on peut y lire la réponse suivante : ‘’c’est former à une vision systémique, prospective et collective du monde de demain, en intégrant une prise de responsabilité tout en conservant une vision éthique’’.

Il faudrait mener une longue enquête de terrain pour évaluer la façon dont cette approche est appliquée de manière concrète par l’institution scolaire, autrement qu’en se contentant de valoriser une morale écologique individuelle, ce qui implique de se confronter aux questions politiques. Et du coup, on peut contester le fait que soit toujours utilisée cette notion problématique de ‘’développement durable’’, notion qui conforte le modèle économique dominant en laissant entendre que la croissance reste la meilleure option dans un monde soumis à d’extrêmes tensions.

Mais du moins le monde de l’éducation n’apparait-il pas comme le plus en retard sur ces questions. Ca n’est déjà pas si mal. Je ne suis pas sûr qu’on pourrait en dire autant de celui des médias, auquel nous appartenons.

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