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les importations de la France représentent 47 % de son empreinte carbone

Importations et empreinte carbone : c'est un pic, c'est un cap, c'est une péninsule

3 min
À retrouver dans l'émission

Le Haut Conseil pour le Climat publie ce jour un rapport sur l'empreinte carbone de la France. Où il s'avère que nos importations pèsent pour près de la moitié de cette empreinte.

les importations de la France représentent 47 % de son empreinte carbone
les importations de la France représentent 47 % de son empreinte carbone Crédits : anucha sirivisansuwan - Getty

Vous vous souvenez que la semaine dernière, j’avais tenté de calculer, pas tout à fait dans les règles de l’art, mon empreinte carbone. Et bien le Haut conseil pour le climat, instance consultative créée il y a deux ans, a fait la même chose pour celle de la France, avec davantage de rigueur méthodologique (du moins je l’espère). Le rapport qu’il publie aujourd’hui est riche d’enseignements, mais accrochez-vous, ça demande d’être un petit peu attentif.

Pour commencer, il faut définir de quoi on parle. L’empreinte carbone d’un pays, c’est une addition, celle de différentes sources d’émissions de gaz à effet de serre. Il y a les émissions produites directement par les ménages, en particulier pour se déplacer et pour se chauffer ; celles issues de la production nationale de biens et de services (voitures, lave-linge, salons de coiffure, restaurants…). Et puis il y a les émissions de gaz à effet de serre liées à nos importations, aux produits que nous faisons venir de l’étranger (sachant que les produits que nous exportons n’entrent pas dans le calcul de l’empreinte carbone).

Depuis 1995, date de référence pour mener le travail de comparaisons, l’empreinte carbone de la France est en nette hausse : de 25 %, passant d’un peu de 600 millions de tonnes de CO2 il y a 25 ans à près de 750 millions en 2018. Sauf que durant cette période, la population a augmenté. Rapporté à chaque individu, l’augmentation est beaucoup plus modérée : de 10,5 tonnes par habitant à 11,5 entre 1995 et aujourd’hui.

Mais cette relative stabilité masque mal un phénomène qui, lui, est bien plus spectaculaire. Et il concerne le poids de nos importations dans notre empreinte carbone : en constante augmentation depuis ¼ de siècle. Elles sont ainsi passées, sur cette période, de 3,6 tonnes de CO2 par habitant et par an, à 6,4 tonnes, soit quasiment du simple au double. Ces mêmes importations représentent désormais près de la moitié (47 % exactement) de nos émissions.

Vous allez me dire : oulà, ça fait beaucoup ! Je vous répondrai : c’est un peu court Guillaume. Il y a bien d’autres façons d’interpréter ces choses, en somme :

.méfiante : les produits que nous achetons à l’étranger sont responsables de la hausse de nos émissions, fermons nos frontières.

.opportuniste : si on nous reproche d’émettre trop de CO2, on pourra dire que ce  n’est pas de notre faute.

.défaitiste : si les importations ont atteint ce niveau dans notre empreinte carbone, c’est la preuve de la désindustrialisation de la France, nous ne sommes plus capables de produire ce dont nous avons besoin.

.montebourienne : mais qu’est-ce qu’on attend pour relocaliser ?

.culpabilisante : dites donc, vous, les consommateurs, vous n’avez pas honte d’acheter tous ces produits venus d’ailleurs ? 

.optimiste : si notre empreinte carbone reste à peu près stable alors que la part des importations augmente, cela signifie que celle liée aux ménages, aux entreprises et aux services est en baisse, et donc que les efforts menés sur le territoire national sont payants.

.poncepilatienne : mais qu’est-ce qu’on peut y faire si les produits achetés à l’étranger émettent autant de gaz à effet de serre ?

.volontariste : nous n'avons qu'à limiter nos accords commerciaux avec les pays qui respectent les engagements de l'accord de Paris.

.consumériste : il serait temps de mettre en place, à l'instar du Nutriscore, des vignettes sur la performance carbone des produits.

.décroissante : le meilleur produit importé, c'est celui qu'on n'importe pas.

Voilà ce qu'à peu près, cher Guillaume, vous auriez pu dire à propos de ce rapport si vous aviez pu le lire comme moi quelques heures avant sa publication. Il est désormais en ligne, sur la page de l’émission.

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