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ça déborde !

J'aurai ta peau, ordure !

3 min
À retrouver dans l'émission

C'est aujourd'hui la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. L'occasion d'évoquer le Défi Paris Famille Zéro Déchet.

ça déborde !
ça déborde ! Crédits : Getty

Longtemps, j’ai habité au 6e et dernier étage d’un immeuble. La corvée de poubelles aurait pu être fastidieuse si, dans la cuisine, il n’y avait pas eu un vide-ordure, appendice typique, avec le bidet, des constructions des années 70. Les déchets ne faisaient que passer : ils étaient presque invisibles, nous pouvions jeter sans compter !

Pour devenir propriétaire, il m’a fallu descendre quelques étages, jusqu’au 1er. Les poubelles sont au sous-sol, le vide-ordure dans le couloir commun : cela reste pratique mais il faut quand même aller sur le palier, au risque de croiser, en pantoufles, un voisin qui ne manquera pas de remarquer que votre sac poubelle est un peu trop volumineux pour la largeur du conduit, lequel est régulièrement bouché, on verra ça à la prochaine AG.

Nos poubelles débordent. Rien qu’à Paris, elles ont doublé de volume au cours des 80 dernières années, passant de 240 kilos par an et par habitant en 1940, à 500 kilos en 2017. Il est vrai qu’à l’époque, si l’on ne buvait pas moins, les bouteilles, qui pèsent lourd dans la balance, étaient consignées. Le plastique n’avait pas encore colonisé nos garde-manger. Aujourd’hui, 85 % des emballages jetés par les ménages sont des emballages alimentaires ! 

Ces données, je les ai trouvées dans le petit livret qui nous a été remis le mois dernier pour la séance inaugurale du Défi Famille Zéro Déchet. Un défi piloté par l’Agence parisienne pour le climat, avec la ville de Paris. Il va durer cinq mois. En 2018, la lauréate, Céline, a eu droit à un portrait dans Le Parisien : source subsidiaire de motivation pour rejoindre les 99 autres familles engagées cette année, et réparties en une quinzaine d’équipes.

Au début, c’est assez facile. Le premier mois, vous faites comme si de rien n’était. Tout ce qu’on vous demande, c’est de peser ce que vous jetez. Soit, au cours des 30 derniers jours, 8.5 kilos d’ordures ménagères résiduelles dans la poubelle verte, 7.6 kilos de déchets à trier dans la poubelle jaune, et 2.7 kilos de verre dans celle qui est toujours pleine. Les épluchures de chou-fleur, les peaux de raisin et les os de poulet vont directement dans le bac à compost : ils ne sont pas pris en compte dans la pesée.

Ce seront mes données de référence. Evidemment, il est tentant, en début de processus, d’alourdir ses poubelles, d’inventer des dates de péremption avant la DLC pour mieux pouvoir jeter, partant du principe que plus votre score de départ est élevé, plus il sera facile de le faire baisser. Et de répondre, avant terme, aux objectifs fixés par la loi contre le gaspillage, à savoir une réduction des déchets de 15% d’ici à 2030 par rapport à 2020. La loi vient d’être adoptée par le Sénat. Elle sera examinée en deuxième lecture par l’Assemblée d’ici la fin de l’année.

Pour tout dire, j’ai hâte de passer aux travaux pratiques. Et pas seulement pour alléger la corvée de poubelles. Les déchets sont une plaie. Ils coûtent cher à la collectivité puisqu’il faut les collecter, les transporter, les trier, les incinérer. Ils pèsent aussi sur l’environnement : selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le traitement des déchets représentait à lui seul, en 2011, 2,6 % des émissions nationales de gaz à effet de serre : à peu près autant que ce que produit, en moyenne, le transport aérien.

Mais surtout, je vais pouvoir jouer à la dînette, ce dont j’ai toujours été privé. Attention teasing : dans un prochain épisode, je vous raconterai comment j’ai fabriqué mon liquide vaisselle avec du bicarbonate, ma crème de jour avec du lait de coco, et comment j’ai accommodé des trognons de pommes pour en faire un gâteau. Ordure, j’aurai ta peau !

par Hervé Gardette

Chroniques
8H50
4 min
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