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La fête

La fête est-elle en train de disparaître ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Il y a de bonnes raisons de croire que l’ère chérie de la nouba est en train de s’achever.

La fête
La fête Crédits : JACK GUEZ - AFP

C’est un petit livre bleu, qui paraît aujourd’hui aux éditions de l’Observatoire. Un livre osé et stimulant, signé Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation Jean Jaurès, qui porte en titre cette question oppressante : la fête est finie ? En effet : il y a de bonnes raisons de croire que l’ère chérie de la nouba est en train de s’achever : explosion du télétravail, recours pavlovien au numérique, repli sur soi, hausse des individualités et pessimisme ambiant. Mais surtout, la fatigue existentielle qui nous envahit et nous habite chaque jour un peu plus. Tout cela plongerait la fête et son esprit léger dans un abyme noir et sans fond : les limbes de l’oubli. Jérémie Peltier nous détaille quelques symptômes de cette tendance de fond, qui précède largement la crise sanitaire et sociale que nous traversons.

Si la fête se meurt, c’est peut-être parce que la fête est omniprésente, continue, envahissante. L’injonction au bonheur, le désir de tout célébrer. Quand tout est fête, c’est un fait, la fête perd de sa superbe, car elle n’est plus une sortie de route exceptionnelle. En outre, si la crise sanitaire a donné un coup de pouce aux endormis, elle a porté un coup de grâce à la bamboche. Nous avons fait l’expérience d’une vie sans fête, rangée – et c’est bien normal ! – dans la case grise et administrative des « non-essentiels ». Mais nous n’en avons pas fêté la fin.

Dans son ouvrage, Jérémie Peltier rappelle cette phrase de Jean Yanne. "Avant, c’était la police qui me demandait de ralentir. Aujourd’hui, ce sont les médecins."  Aujourd’hui, nous passons en moyenne 6 minutes seulement à rire chaque jour. C’est trois fois moins que dans les années 1950. Il faut donc défendre la fête ! Ne serait-ce que parce que 37% des couples se sont rencontrés dans un cadre festif, loin devant le lieu de travail. Ne serait-ce, aussi, parce qu’il est vital de se perdre, de s’abandonner, de se retrouver.

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