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Quelques fourrures.

La filière de la fourrure est-elle en train de mourir ?

5 min
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La semaine dernière, le groupe de luxe Kering a annoncé que ses maisons abandonneraient la fourrure pour toutes ses collections, à compter de l’automne 2022.

Quelques fourrures.
Quelques fourrures. Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Il y a deux ans, aussi, la reine d’Angleterre Élisabeth II, avait pris une décision tout aussi radicale. Tous les nouveaux vêtements conçus à son intention seraient sans fourrure animale. Goodbye : chapeaux en renard, manteaux en vison, robes en hermine. Il était temps. 

En fait, ces deux anecdotes illustrent une tendance de fond. Car le marché de la fourrure ne s’est jamais aussi mal porté, et ceci, notamment, pour deux raisons. D’abord, parce que l’acceptabilité sociale de pratiques qui consistent à abattre chaque année 100 millions d'animaux dans le monde pour fabriquer des fourrures a fondu. Ainsi, 90% des Français s’opposent au commerce de la fourrure, selon un sondage IFOP paru cette année. Une dynamique irrégulière, mais qui traverse la planète. Ensuite, parce que le Covid a porté un coup de grâce au secteur. Lorsque des études ont révélé que le vison, cet animal riche de sa fourrure, pouvait être l'hôte intermédiaire du virus. Conduisant, là encore, à l’abattage, pour des raisons sanitaires, de 17 millions de visons, rien qu’au Danemark. Anissa Putois, porte-parole de PETA, une association de défense des droits des animaux, nous explique le déclin inexorable de la filière de la fourrure.

Comme le rappelle l’excellent quotidien de l’écologie en ligne Reporterre, douze pays en Europe ont déjà interdit la fabrication de fourrure. C’est le cas, par exemple, du Royaume-Uni, de la Belgique ou de l’Autriche. En parallèle, d’autres pays ont opté pour des stratégies moins directes, mais relativement efficaces. Un seul exemple. En Allemagne, les visons doivent obligatoirement pouvoir se baigner pour être élevés, ce qui peut revenir à très cher et décourager… Malgré tout, les industriels ne baissent pas les bras et développent des stratégies opaques, plus ou moins subtiles, pour refourguer de la fourrure aux consommateurs.

Mais au fond, diront certains, les consommateurs n’ont qu’à examiner les étiquettes des produits qu’ils achètent et faire leurs choix en conscience. Eh bien non. Car là encore, les industriels avancent masqués. Ainsi, lors d’un contrôle effectué par les services de l’État français, 88% des vêtements contenant des matières animales présentaient une non-conformité liée à l’étiquetage ou à la composition annoncée. Par exemple, certaines étiquettes n’annonçaient pas que le produit contenait de la fourrure. Ou nommaient l’espèce an langue étrangère. Toutefois, si le combat contre la fourrure progresse, l’utilisation d’autres matières animales restent tout aussi barbares. Comme nous l’explique la porte-parole de PETA, avec le duvet.

Demain, la proposition de loi contre la maltraitance animale arrivera au Sénat. Le sujet de la fourrure occupera une place importante des débats. Les membres de la Haute chambre devront se savoir observés par les Français et se rappeler que l’état d’une société se mesure, aussi, à sa capacité à respecter les droits, la vie et le bien-être des animaux.

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