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le réchauffement ne connait pas de frontières

La France, hors limites

3 min
À retrouver dans l'émission

La France publie tous les quatre ans un rapport sur l’état de l’environnement. La 7e édition était présentée hier au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Elle intègre pour la première fois la notion de ‘limites planétaires’

le réchauffement ne connait pas de frontières
le réchauffement ne connait pas de frontières Crédits : JamesBrey - Getty

En début de semaine, l’invité des Matins, le géo-historien Christian Grataloup, expliquait la raison pour laquelle, dans son ‘’Atlas historique mondial’’, il avait placé la carte des murs juste avant celle des changements climatiques : histoire de montrer l’incongruité qu’il y a à bâtir de tels édifices dans un monde où le réchauffement fait sauter les barrières artificielles. 

La notion de frontière remise en cause par les enjeux environnementaux, c’est bien cette idée qui a dicté la nouvelle approche du tout nouveau rapport sur ‘’L’environnement en France’’, publié hier. Il ne s’agit plus seulement de proposer un bilan territorial, circonscrit aux frontières nationales, mais d’évaluer la part et l’impact de nos activités et de nos comportements (nous, Français) sur le reste du monde. D’où cette grille de lecture supplémentaire : le concept de limites planétaires.

Concept récent : il date de 2009. On le doit à une équipe internationale de chercheurs, laquelle a établi une liste de 9 limites physiques à ne pas dépasser, sous peine de remettre profondément en cause nos conditions d’existence. Des seuils ont été fixés dans les domaines suivants : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, le changement d’utilisation des sols, l’acidification des océans, les perturbations du cycle de l’azote et du phosphore, l’appauvrissement de la couche d’ozone, la consommation d’eau douce, la pollution chimique et la charge atmosphérique en aérosols.

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Au niveau mondial, quatre de ces limites sont déjà dépassées : le climat s’est trop réchauffé, la biodiversité est trop érodée, le cycle de l’azote trop perturbé, l’utilisation des sols trop modifié. Et notre pays a sa part de responsabilité. Comme le note le rapport, ‘’si le monde entier vivait comme les Français, il aurait consommé l’équivalent des capacités de régénération des ressources biologiques de 2,9 Terre’’.

Le dépassement français des limites planétaires est particulièrement flagrant en matière d’émissions de dioxyde de carbone, principale cause du réchauffement climatique. En 2017, les émissions de CO2 étaient de 4,9 tonnes par habitant, quand il s’agirait qu’elles ne dépassent pas, en moyenne, 2,8 tonnes pour être soutenables. La neutralité carbone visée en 2050 est donc encore loin.

Autre point noir : l’impact français sur l’érosion de la biodiversité, impact d’autant plus important que la France, avec ses outremers, compte de nombreuses espèces endémiques. Le seuil à ne pas dépasser est de 10 extinctions d’espèces sur 1 million par an. Si les extinctions sont rares sur le territoire français, la part des espèces menacées ne cesse d’augmenter : c’est le cas de 18% des 10 000 espèces évaluées.

Dans l’ensemble, le bilan est globalement négatif. ‘’La France contribue à la déforestation mondiale via ses importations’’, ‘’les volumes d’eau prélevés en été dépassent localement les volumes d’eau renouvelables disponibles’’. On notera qu’un des rares satisfecit porte sur la qualité de l’air, qui s’améliore, alors que la Cour de justice de l’Union européenne vient de condamner la France pour son incapacité à protéger ses citoyens de la pollution.

Il faut saluer cet exercice de transparence du Commissariat général au développement durable, auteur de ce rapport qui ne minore pas les responsabilités françaises dans les atteintes globales à l’environnement.

La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme milite pour que cette notion de limites planétaires soit inscrite dans l’article 1er de la Constitution. Elle propose la formulation suivante : ‘’La République veille à un usage économe et équitable des ressources. Elle garantit aux générations présentes et futures un environnement sain et sûr en veillant au respect des limites planétaires, à savoir les grands équilibres interdépendants qui conditionnent l’habitabilité de la Terre.’’ 

Voilà qui inspirera peut-être les travaux de la Convention citoyenne pour le climat. Mais la réforme de la Constitution fait-elle partie de son mandat ?

par Hervé Gardette

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