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non, il n'y a pas que des clashs sur les réseaux sociaux

Comment naviguer par gros temps sur les réseaux sociaux

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L'écologie est un sujet qui fâche sur les réseaux sociaux. Comment s'y retrouver ? Petite sélection subjective de comptes à suivre.

non, il n'y a pas que des clashs sur les réseaux sociaux
non, il n'y a pas que des clashs sur les réseaux sociaux Crédits : Peter Willert / EyeEm - Getty

J’ai fait un test hier sur les réseaux sociaux. De la même manière qu’on accroche un ver de terre au bout de sa canne à pêche pour attirer les poissons, j’ai publié une série de hashtags pour aiguiser l’appétit des trolls : #pesticides, #nucléaire, #pistescyclables Autant de termes qui ont pour effet quasi immédiat de crisper le débat, entre ceux qui d’un côté sont pour, et ceux qui de l’autre côté sont contre. Il n’y a pas meilleur combustible sur Twitter ou Facebook que les sujets liés à l’écologie pour faire monter la température en cette période pré-hivernale.

J’aurais sans doute dû ajouter #AnneHidalgo ou #AliceCoffin, dont l’évocation des seuls noms suffit à enflammer la toile. Car après avoir laissé reposer ma publication pendant plusieurs heures, j’ai dû me rendre à l’évidence : échec complet. Les plus attentionnés de mes followers ont liké mon post (#francophonie), les autres n’en ont rien fait. Au final, je n’ai réussi à attirer dans mes filets qu’un seul commentateur, dont j’imagine qu’il faut lire la réponse avec un brin d’agressivité : ‘’hashtag ou le degré zéro de la pensée’’.

Il aurait fallu que je me mouille davantage pour obtenir la réprobation des uns et le soutien des autres. Et d’une certaine manière, je suis admiratif de celles et ceux qui partent au combat sur ces sujets, telle une Emmanuelle Ducros, journaliste à l’Opinion, qui défend le recours aux néonicotinoïdes, ou tel un Eric Vidalenc de l’Ademe, qui ferraille sur l’atome.

Je suis admiratif…mais parfois aussi un peu perdu quand il s’agit de me faire une idée sur des sujets aussi clivants que les pesticides ou le nucléaire. La controverse, si elle est nécessaire, n’est pas toujours synonyme de clarté. J’ai donc établi une petite liste de comptes auxquels je me réfère presque les yeux fermés lorsque j’essaie de forger mon opinion, et que je voulais partager avec vous ce matin, dans cette journée consacré à l’état du débat public.

Celui de François Gemenne pour commencer. Le politologue, spécialiste des migrations et du changement climatique, est un modèle de tempérance dans ce monde de clash permanent, et d’équilibre dans un domaine où les raccourcis idéologiques et médiatiques sont légion. Loin de l’écologie dite punitive, ses tweets comme ses écrits sont des modèles de précision : #Gemenne.

#ArnaudGossement : deuxième balise. Un juriste, spécialiste du droit de l’environnement. A ne pas manquer : ses argumentations convaincantes sur la Convention Citoyenne Climat (il ne fallait pas la faire) et sur les dérogations à la loi Biodiversité pour réautoriser les pesticides (il ne fallait pas le faire). Ce que j’apprécie chez les juristes : leur approche avant tout méthodique.

Sur la troisième marche du podium : un climatologue. #ChristopheCassou, directeur de recherche au CNRS, un des contributeurs du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. On lui doit le terme de #climatorassuriste pour qualifier les nouveaux habits du climatoscepticisme.  Pour vous y retrouver dans cette galaxie, je vous renvoie au schéma très explicite qu’il vient de mettre en ligne à propos des différentes formes de discours qui ont pour effet de retarder l’action climatique.

Je pourrais ajouter à cette courte liste, aussi peu exhaustive qu’elle est subjective, le fil d’Audrey Garric, journaliste au Monde au service Planète, celui de Bérénice Gagne pour sa veille documentaire sur l’Anthropocène, celui du philosophe Pierre Charbonnier, dont les tweets sont plus accessibles que son livre, ou encore les rendez-vous hebdomadaires de la revue Sesame (rattachée à l’INRAE), dont les threads sont des modèles de pédagogie en ligne (je vous conseille par exemple le tout dernier, consacré aux meurtres de fermiers en Afrique du Sud).

’Que faisons-nous du débat public ?’’ : c’est le thème de cette journée spéciale sur France Culture. Les comptes que je viens d’énumérer (et il y en a d’autres) montrent que pour peu qu’on prenne la peine d’en dégager l’écume, les réseaux sociaux sont aussi des lieux où ce débat peut s’exercer de manière sereine. #conclusion.

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