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si vous êtes seul sur Terre, à quoi sert cette bouteille à la mer ?

Le der des ders

4 min
À retrouver dans l'émission

Et vous, que feriez-vous si vous étiez le dernier humain sur Terre ?

si vous êtes seul sur Terre, à quoi sert cette bouteille à la mer ?
si vous êtes seul sur Terre, à quoi sert cette bouteille à la mer ? Crédits : RapidEye - Getty

De toutes les dystopies disponibles sur le marché de la fiction, il en est une qui me fascine davantage que les autres : celle qui imagine, après qu’une catastrophe a eu lieu, la disparition presque totale de l’humanité. Presque, parce que dans ces récits, il reste encore un dernier homme sur Terre (ou une dernière femme, mais je n’ai pas souvenir qu’une telle hypothèse ait jamais été envisagée).

Etre seul, absolument seul. Voilà déjà une perspective qui, en soi, attire autant qu’elle effraie.  Elle renvoie à l’imaginaire de Robinson, à cette question si souvent posée dans les magazines : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? (pour ma part, les œuvres complètes, en un volume, de Georges Simenon). Mais être seul parce qu’on est le dernier : c’est un précipice devant lequel il est difficile de ne pas avoir le vertige.

Dans un court recueil de textes que viennent de publier les éditions Payot, en format poche, H.G.Wells, contemporain de George Orwell, se confronte à l’idée de ‘’L’extinction de l’espèce humaine’’. D’autres espèces avant nous ont disparu, écrit l’auteur de ‘’La Guerre des Mondes’’, ‘’il n’est donc pas déraisonnable de se demander pourquoi l’homme échapperait à la règle’’.  Et si ce futur devait advenir, ‘’si nous nous trouvions dans la position la plus solitaire, ce serait encore l’humanité qui nous soutiendrait’’ : l’humanité, c’est-à-dire, pour Wells, une forme d’arrogance, de sentiment de supériorité, la certitude que le monde, sans nous, ne peut pas tourner.

Cet anthropocentrisme du dernier humain sur Terre est assez bien rendue dans le premier épisode de la série américaine ‘’Last man on earth’’ (le dernier homme sur Terre). Phil Miller en est le héros. Il est –semble-t-il- le seul à avoir survécu à une pandémie. Destin terrible qui le renvoie pourtant à une certaine allégresse : il peut enfin aller aux toilettes sans en fermer la porte ; se vautrer et se baffrer dans les rayons alimentation des supermarchés sans se soucier du Nutriscore. Si l’on considère que la science-fiction, avant d’imaginer le futur, est d’abord une représentation du présent, on peut dire que le portrait qu’en fait ‘’Last man on earth’’ est assez bien senti : même face à sa propre finitude, l’homme n’est pas prêt de renoncer à l’hyper-consommation.

Autres temps, autres occupations. En 1964, Richard Price incarne à l’écran le dernier survivant d’une autre pandémie. Celle-ci a transformé tous les humains, sauf lui, en zombies. Dans cette adaptation du roman de Richard Matheson, ‘’Je suis une légende’’, le héros passe ses journées à planter des pieux dans la poitrine de ses ennemis affaiblis par la lumière du jour, et à renouveler son stock de miroirs et de gousses d’ail. Le film a très mal vieilli.

Quelques années plus tôt, c’est une catastrophe nucléaire qui réduit l’humanité à sa plus simple expression.  Le 20 novembre 1959, CBS diffuse un nouvel épisode de The Twilight Zone, série télé plus connue en France sous le nom de La 4e dimension. L’histoire : celle d’Henry Bemis, petit employé de banque, qui n’a d’autre passion dans la vie que celle des livres. Un jour qu’il se réfugie dans un coffre-fort pour y lire en cachette et au calme, une bombe H explose. Henry est le seul survivant. Il est d’abord désespéré, avant d’apercevoir les décombres d’une bibliothèque : 

Des livres à profusion, la littérature au secours du dernier homme sur Terre. Quel beau symbole. Sauf que l’histoire ne s’arrête pas là. Henry Bemis est hypermétrope, il porte des lunettes à triple foyer. Alors qu’il traverse la rue, il trébuche sur un gravat, tombe, perd ses lunettes, les cherche et sans s’en rendre compte, les écrase avec ses souliers. Peut-on imaginer un pire épilogue que celui-ci ?

Au fait, et vous, que feriez-vous si vous étiez le dernier humain sur Terre

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