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les 46°C enregistrés dans l'Hérault en France en juin 2019 seront-ils dépassés cette année ?

Le temps des canicules

4 min
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La France connait à partir d'aujourd'hui un épisode de forte chaleur. Un avant-goût des canicules à venir ? Ces épisodes ont en tout cas tendance à se répéter.

les 46°C enregistrés dans l'Hérault en France en juin 2019 seront-ils dépassés cette année ?
les 46°C enregistrés dans l'Hérault en France en juin 2019 seront-ils dépassés cette année ? Crédits : chuchart duangdaw - Getty

Les beaux jours ne reviennent pas seuls. Ils s’accompagnent chaque année désormais d’épisodes de forte chaleur. Petit rappel exhumé du site de Météo France : il y a tout juste un an, une canicule ‘inédite par son intensité et sa précocité touchait le pays pendant près d’une semaine, le 27 juin devenant la journée la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin depuis 1900, avec une température moyenne de 27,9°C. C’est en juin également, le 28, que fut enregistrée la température la plus chaude jamais mesurée en France : 46°C à Vérargues, que l’on hésite du coup à qualifier de charmante commune de l’Hérault.

C’est dire si les pics de chaleur prévus pour les trois prochains jours s’apparentent à de la gnognotte, avec des pointes annoncées à (seulement) 35°C dans le Sud-Ouest. Il y a quelques années encore, de tels niveaux à cette période de l’année auraient semblé de nature tout à fait exceptionnelle. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : face à la hausse des températures, nous devenons d’autant plus résilients que nous sommes mieux préparés à les affronter…ce qui n’a rien d’une bonne nouvelle.

Selon le journaliste américain David Wallace-Wells, qui signe un des articles du dossier du dernier numéro de la revue Ravages consacrée aux canicules, l’air conditionné et les ventilateurs représenteraient ‘’10% de l’ensemble de la consommation d’électricité globale’’, leur demande pourrait au moins tripler d’ici à 2050, ou encore ‘’le monde comptera 700 millions de climatiseurs supplémentaires d’ici à 2030’’ : bilan carbone désastreux.

En dépit de sa répétition, la canicule n’est en aucun cas un phénomène météorologique anodin. Chacun se souvient de l’épisode d’août 2003, et de la surmortalité provoquée par la chaleur étouffante dans la plupart des régions françaises. Dans un rapport rendu l’année suivante, l’INSERM estimait à 15 000 décès cette surmortalité, en particulier chez les personnes âgées.

Sans ce que soit comparable, ce ne fut pas le seul désastre causé par les fortes chaleurs cet été là. Dans leur livre ‘’Climats : passé, présent, futur’’ aux éditions Belin, les chercheuses Marie-Antoinette Mélières et Chloé Maréchal reviennent sur les conséquences, en France, de cet épisode pour les sols et la végétation. Il en résulta une chute de 20% de la production de blé, de 30% pour le maïs et de 60% pour les fourrages. Au total, ‘’une baisse de 30% de la production végétale, sans précédent sur le XXe siècle’’ selon les deux auteures.

Certes, comme le note l’Agence européenne de l’environnement, dans certaines parties de l’Europe, des températures plus élevées peuvent conduire, à terme, ‘’à une prolifération de la végétation et à une augmentation du volume du carbone stocké dans le sol’’ : effet positif (on ne parle pas assez d’ailleurs du rôle des sols dans le stockage du CO2). Mais s’agissant de la canicule de 2003, c’est plutôt l’effet inverse qui s’est produit, les fortes chaleurs entrainant une libération plus importante de dioxyde de carbone, libération liée à la décomposition accélérée de la matière organique.

Les températures élevées que connait une partie de la Sibérie en ce moment (il a fait 38 degrés samedi au nord du cercle polaire Arctique) illustrent de manière dramatique l’impact de ces phénomènes météorologiques : la précocité des feux de forêt ajoutée à la fonte du permafrost augmentent les émissions de gaz à effet de serre. S’il est difficile d’établir un lien de causalité certain entre le réchauffement climatique global et un épisode caniculaire en particulier, il est avéré que leur répétition en est une des conséquences.

Ce phénomène va-t-il s’accélérer, les températures caniculaires d’aujourd’hui devenant des normales saisonnières à l’avenir ? Selon une étude publiée le mois dernier (et dont je vous avais parlé), un tiers de l’humanité pourrait vivre, dans un demi-siècle, dans des régions plus chaudes que l’actuel Sahara. On se demande, avec un peu d’anxiété, à quoi pourront bien ressembler les canicules à ce moment-là.

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