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''À mesure que le monde change, la radio aussi'', UNESCO, Journée mondiale de la radio

Le transistor transistionne

3 min
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Ce samedi, c'est la 10e journée mondiale de la Radio. Un média en révolution permanente.

''À mesure que le monde change, la radio aussi'', UNESCO, Journée mondiale de la radio
''À mesure que le monde change, la radio aussi'', UNESCO, Journée mondiale de la radio Crédits : Peter Dazeley - Getty

Une guerre sourde s’invite chaque matin dans ma salle de bains. Sourde et néanmoins sonore puisqu’il s’agit de conquérir un territoire hertzien : c’est à qui, de mon fils ou de moi, se lèvera le plus tôt pour choisir le programme radio. Un accord tacite veut que celui qui occupe le premier le terrain soit le maitre des ondes. Parfois, je vous écoute, Guillaume Erner, parfois c’est PNL ou Jul qui l’emportent, dans une sorte de parricide auditif à grands coups d’Auto-Tune.

Ma toute première bataille radiophonique fut menée, là encore, en famille. Ma sœur ainée avait eu en cadeau, pour sa communion solennelle, un petit poste de radio, objet de toutes mes convoitises. La difficulté consistait à le lui chiper chaque soir sans qu’elle s’en aperçoive, à le glisser discrètement sous mon oreiller, pour écouter ensuite Mychèle Abraham avant de m’endormir, et Michel Touret avant de me réveiller.

Moi qui suis censé être devenu un adepte de la sobriété, il y a un domaine où je ne rechigne pas à la quantité : le nombre d’appareils pour écouter la radio. Au moins un dans chaque pièce, spécimen tous différents les uns des autres, du vieux poste TSF à celui compatible pour le DAB , en passant par le transistor portable, le radioréveil, le radio K7, le tuner de chaine-hifi, l’enceinte autonome ou encore la radio de poche à manivelle (qui se recharge à la force du poignet). Pour un peu, je pourrais m’acheter une voiture rien que pour le plaisir d’avoir un autoradio.

Chacun à leur poste, ils racontent l’épopée darwinienne de ce formidable outil, en perpétuel mouvement, que ce soit techniquement ou en matière de design : connaissez-vous un autre objet capable de prendre autant de formes différentes ? C’est peut-être ce qui explique son taux de pénétration : plus de 95% des Français possèdent au moins un support dédié à la radio, ce qui, dans un monde où la technologie galope, témoigne de sa solidité et de sa résilience. Si vous ajoutez à la liste ordinateurs et smartphones, le taux d’équipement atteint des pourcentages dignes d’un scrutin de régime autoritaire : 99,3%.

Je me souviens justement d’un voyage en Tchécoslovaquie, juste après la Révolution de velours. Séjour à Prague, dans une résidence étudiante austère, chaque chambre était équipée d’un gros transistor en plastique orange, encastré dans le mur, avec pour seule commande un bouton marche-arrêt. Rien pour changer de station : il n’y en avait qu’une, celle de l’ancien régime.

Il n’y en avait pas beaucoup plus cela dit sur les grandes ondes à l’époque où je piquais le transistor de ma grande sœur. Une poignée de ‘périphériques’. Mais une autre révolution pointait le bout de son nez. Les soixante-huitards découvrirent l’amour libre, leurs petits frères et sœurs connurent bien mieux : la libération des ondes, véritable explosion de créativité, au début des années 80.

Ces dernières années, une autre transition sonore est en cours : celle du podcast. Véritable déferlante : selon Médiamétrie, un internaute sur 4 en écoute, soit en mode replay, soit en version native. Mais la radio domine toujours les usages audio : 60% du contenu écouté (tous sons confondus) en est issu.

Il y aurait aujourd’hui dans le monde 51 000 stations de radio. L’UNESCO, qui organise demain sa 10e Journée mondiale, souligne la plasticité de ce médium, ‘’sa capacité d’adaptation perpétuelle, au rythme des transformations sociétales et des besoins nouveaux des auditeurs. A mesure que le monde change, la radio aussi. Voilà pourquoi elle reste, à l’échelle mondiale, le média le plus consommé’’.

Les dernières tendances témoignent néanmoins d’une perte de vitesse chez les moins de 25 ans (source Ketil Media) L’audience de la radio est en baisse régulière chez les plus jeunes. En France, il y a 10 ans, ils étaient encore plus de 80% à l’écouter : ils ne seraient plus que 63 % aujourd’hui : en faisant ma toilette ce matin, j’ai failli regretter que mon fils en fasse encore partie.

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