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l'Euro 2020 de foot va se dérouler dans 12 pays : pas très vert tout ça!

L'équivalent d'un stade de foot

4 min
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L'herbe n'est pas plus verte dans les stades de foot. Le bilan carbone du ballon rond laisse à désirer.

l'Euro 2020 de foot va se dérouler dans 12 pays : pas très vert tout ça!
l'Euro 2020 de foot va se dérouler dans 12 pays : pas très vert tout ça! Crédits : bbostjan - Getty

Jamais le foot français ne fut aussi dominateur sur le terrain, et beau à regarder, qu’à l’époque du grand Lyon. Juninho, Essien, Malouda, Cris, Wiltord : l’OL dominait le championnat du début des années 2000. J’en ai conçu pour ce club un soutien indéfectible, que la dernière défaite, dimanche, face au PSG, n’a pas même égratigné.

Mais le supporter de l’Olympique lyonnais doit désormais cohabiter avec le chroniqueur de la transition écologique, et là, rien ne va plus ! Car pour rejoindre le parc des Princes depuis la capitale des Gaules, l’équipe de Jean-Michel Aulas n’a pas trouvé mieux que de faire le trajet en avion, alors que Lyon et Paris ne sont séparées que par deux heures de TGV.

Choix absurde : quelques minutes gagnées pour un bilan carbone calamiteux. L’eurodéputée verte Karima Delli leur tire les oreilles sur Twitter : ‘’Les seuls qui ne se sentent pas concernés par l’urgence climatique #ClimateAction’’. Et on ne peut pas dire qu’elle ait tort : le foot et l’environnement, ça fait deux.

J’entends déjà sonner mon téléphone : c’est la Ligue de football professionnel qui m’appelle pour me signaler qu’en avril dernier, elle a signé un partenariat avec le WWF, afin de "sensibiliser les supporters à la protection de la biodiversité et réduire l’empreinte environnementale des clubs".

Pour preuve de son engagement, un petit clip est diffusé dans les stades avec ce message : ‘’Toutes les 4 minutes, l’équivalent d’un terrain de football de forêt disparaît de la planète’’, ce qui, du point de vue de la science des comparaisons, me parait toujours un peu ridicule, et du point de vue ceux qui n’aiment pas le foot, me semble ne pas être une si mauvaise nouvelle.

La LFP, imitée depuis par la Fédération française de football entend bannir des stades le plastique (meilleur ami de la bière et des frites) et inciter les spectateurs à s’y rendre en transport en commun. Et ça, c’est vraiment rigolo comme incitation, parce que si vous avez déjà assisté au ballet des bolides qui déposent les footballeurs parisiens devant le Camp des loges avant chaque entrainement - "J’ai une Lamborghini, ben moi j’ai une Ferrari, nananèreu"- vous comprenez d’un seul coup l’expression : ‘’Faites ce que je dis, pas ce que je fais’’.

La meilleure illustration de ce décalage entre le discours et la pratique s’observe chaque année au mois d’août. Le Trophée des champions oppose le vainqueur du championnat de France à celui de la Coupe de France. Or depuis 2009, le match se joue à l’étranger. Ainsi, lors de la dernière édition, on a vu le PSG battre le Stade Rennais dans l’enceinte du centre sportif universitaire…de Shenzen en Chine !

La Ligue et la Fédération, qui se partagent l’organisation de cette compétition sans intérêt, arguent de la nécessité de faire connaitre le foot hexagonal à l’international, pour justifier qu’un match entre deux équipes françaises se déroule à l’autre bout du monde. Rennes-Shenzen : 10 000 kilomètres, ça en fait des miles.

Cela dit, le pompon revient à l’UEFA qui organise en juin prochain l’Euro 2020. Plutôt que de faire jouer les 24 équipes dans un seul pays, l’UEFA a eu la riche idée de disséminer les rencontres sur tout le continent : Roumanie, Pays-Bas, Ecosse, Azerbaïdjan, Italie, Danemark, etc… : une douzaine de pays au total.

Conséquence, comme le relevait l’AFP hier : ‘’Un supporter polonais souhaitant voir tous les matchs de sa sélection devra, rien que sur la phase de poules, parcourir 6000 km en 10 jours, de son pays jusqu’à Bilbao en Espagne en passant par Dublin en Irlande.’’ On souhaite aux supporters polonais un peu ric-rac côté finances que leur équipe ne se qualifie pas pour les huitièmes de finale.

Evidemment, l’UEFA a été interpellée sur le sujet. Elle répond que ce qui pollue, c’est moins le transport aérien que la construction de nouveaux stades : ce n’est pas le cas pour cette édition de l’Euro. Surtout, elle promet de compenser ses émissions de CO2 en plantant 50 000 arbres dans chacun des pays hôtes. Oui car planter des arbres est devenu le nouveau sésame pour sauver son âme devant le tribunal de l'Anthropocène.

Et là je dis attention : avec tous ces projets de plantation, on va finir par manquer de place. Il va falloir réquisitionner les stades.

par Hervé Gardette

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