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Damiano David, chanteur de Maneskin et vainqueur de l'Eurovision

L'Eurovision, hymne à la joie !

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L’Europe unie, festive et joyeusement foutraque existe. Je l’ai brièvement rencontrée samedi soir à Rotterdam.

Damiano David, chanteur de Maneskin et vainqueur de l'Eurovision
Damiano David, chanteur de Maneskin et vainqueur de l'Eurovision Crédits : Vyacheslav Prokofyev - Getty

Si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, c’est avec de la soupe qu’on fait nos meilleurs Eurovision. En témoigne le classement de notre candidate lors de la 65e édition du concours aux Pays-Bas : 2e place pour Barbara Pravi et sa rengaine, photocopie approximative d’un air d’Edith Piaf.

A l’heure où j’entame la lecture de ces lignes, l’Italie est toujours lauréate. Le groupe Maneskin a eu la bonne idée de s’inspirer des rockeurs d’Aérosmith. Choix payant, bien plus que le plagiat de Lady Gaga par la candidate chypriote ou le copié-collé de Beyonce par celle de l’Albanie. Samedi, c’était le grand concours des sosies. La Suisse, une des rares à avoir choisi de n’imiter personne, termine à une honorable 3e place…

…à moins que le classement ne soit bouleversé s’il s’avère que le chanteur du groupe lauréat a bien sniffé un rail de coke dans l’attente des résultats. Les images qui circulent sont ambigües. En zoomant, on croit apercevoir un peu de poudre blanche sur la table des Italiens, mais un de leurs compatriotes les défend : ‘’ce n’est pas de la coke, c’est du parmesan !’’

On n’a pas encore identifié en revanche la substance ingérée par les Allemands avant de se produire sur scène, mais leur performance fut des plus stupéfiantes, l’acmé visuelle d’une soirée qui ne manqua pourtant pas de son lot de paillettes et de ventilateurs dans les cheveux. Mais impossible de rivaliser avec le costume d’une des choristes allemandes, piégée dans une main géante faisant d’abord le V de la victoire avant de pointer un doigt d’honneur. Réaction de l’humoriste anglais Ricky Gervais : ‘’Hitler est désormais la 2e pire chose que nous a envoyés l’Allemagne’’.

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A propos d’Anglais, ce n’était pas leur soirée samedi. Derniers du classement, après avoir recueilli ‘ziro poïnte’ de la part des jurys européens et ‘ziro poïnte’ de la part des téléspectateurs. Une humiliation doublée d’une relégation : aucun titre en anglais dans le trio de tête mais de l’italien et du français, ce qui aura permis aux géopolitologues de participer eux aussi à la discussion en ligne, y voyant indéniablement un effet post-Brexit.

Car la compétition a donné lieu à des débats épiques…et de mauvaise foi. De mémoire d’afficionado, je n’avais jamais observé un tel engouement pour l’Eurovision que lors de cette édition. Un œil sur ma télé, un autre sur les réseaux, j’ai réalisé à quel point cet événement, injustement considéré comme un des summums du kitsch, pouvait avoir un effet à la fois fédérateur, libérateur et pacificateur.

Fédérateur parce que pendant le temps qu’a duré cette soirée, Internet s’est transformé en vaste plateforme Erasmus, une version digitale et gentiment alcoolisée de ‘’L’auberge espagnole’’ de Cédric Klapisch. Libérateur parce que c’était comme si l’Europe, après avoir vaincu la pandémie, se déconfinait toute entière au même moment pour faire la fête. Pacificateur enfin, Twitter retrouvant la fonction qui n’aurait jamais dû cesser d’être la sienne : celle d’un espace où l’on peut s’empoigner de manière outrancière sans offenser personne et pour des choses sans intérêt. De la bagarre pour de faux.

Samedi soir, l’Europe en ligne ressemblait à ce qu’on aimerait qu’elle soit davantage : foutraque certes, mais ouverte, festive et joyeuse. Une Europe’n roll !

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