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selon l'America’s Pledge for Climate, malgré Trump, ‘’les Etats-Unis restent engagés sur la voie du progrès climatique’’

Malgré Trump...

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En 4 ans, l'administration Trump a détricoté les lois environnementales. Mais des Etats, des villes et des entreprises ont permis aux Etats-Unis de garder le contact avec les objectifs de l'accord de Paris sur le climat.

selon l'America’s Pledge for Climate, malgré Trump, ‘’les Etats-Unis restent engagés sur la voie du progrès climatique’’
selon l'America’s Pledge for Climate, malgré Trump, ‘’les Etats-Unis restent engagés sur la voie du progrès climatique’’ Crédits : SOPA Images - Getty

Peut-être avez-vous vu cette séquence dans laquelle Donald Trump, en visite en Californie, échange avec des responsables locaux à propos de la sécheresse, des incendies et des fortes chaleurs qui touchent cet Etat. Alors que ses interlocuteurs essaient de l’alerter sur la gravité de la situation, le président américain leur répond : ‘’ça finira par se refroidir’’. Propos qui, justement, jettent un froid dans la salle, tant le déni de Trump est consternant. Mais on ne peut pas dire non plus qu’il soit surprenant : s’il fallait donner un visage au climato-scepticisme, ce serait le sien.

Comme l’explique l’historienne Maya Kandel dans un article pour la revue ‘Questions internationales’ publié au printemps, l’administration Trump s’est notamment caractérisée par le détricotage massif et minutieux des mesures environnementales mises en œuvre par Barack Obama. ‘’Les conséquences de trois années de déréglementation et d’annulation de décrets antérieurs se sont traduites par la révocation de 78 règles environnementales, sur des sujets allant de la pollution de l’air aux normes d’extraction pétrolière et gazière’’. Comble de l’absurdité : cette même administration ‘’a également choisi d’ignorer son propre rapport sur les conséquences du changement climatique’’, lequel rapport prévoit ‘’une contraction de 10% de l’économie américaine si rien n’est fait d’ici à la fin du siècle’’.

Sans oublier évidemment –et c’est le point le plus important encore que non effectif- la décision de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris de 2015 sur le climat. Retrait qui prendra effet, du fait des règles de procédure, le 4 novembre 2020, soit le lendemain de l’élection présidentielle américaine. S’il ne fallait qu’une seule raison pour souhaiter que Joe Biden l’emporte, ce serait celle-là : le candidat démocrate a en effet annoncé son intention de revenir dans l’accord dès son arrivée au pouvoir.

Bref, il y a de quoi désespérer de la lutte contre le changement climatique au regard du mandat qui s’achève. Mais, aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, tout ne va pas si mal sur le plan de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement du côté de la première puissance mondiale.

C’est ce qui ressort de la toute dernière étude de l’America’s Pledge on Climate change, l’Engagement de l’Amérique pour le climat, un mouvement lancé il y a trois ans par l’ancien maire de New-York Michael Bloomberg, en réaction à la décision de Trump de s’affranchir de l’accord de Paris.  Ce mouvement réunit des villes, des Etats et des entreprises du pays, qui ont décidé de mener des actions en faveur du climat, malgré Trump.

Il faut dire que contrairement à la France où les grandes décisions restent largement centralisées, les Etats-Unis et leur structure fédérale offrent aux forces politiques locales une réelle autonomie. C’est ainsi qu’au moins la moitié des Etats américains et des dizaines de villes ont voté des législations ambitieuses en vue de respecter les accords de 2015. On peut aussi ajouter le rôle de contre-pouvoir joué par la justice américaine. Le New York Times a dénombré près de 70 procès intentés contre les mesures de déréglementation du gouvernement.

Résultat, selon America’s Pledge : ‘’les Etats-Unis restent engagés sur la voie du progrès climatique’’. Grâce à un ‘’leadership sans précédent des acteurs non fédéraux’’, le pays aurait même franchi un ‘’point de basculement dans sa transition vers l’énergie propre’’. Et d’ajouter que les Etats, les villes et les entreprises du pays sont en capacité de réduire leurs émissions de carbone de 37% d’ici 2030, avec ou sans l’aide de Washington.

Espérons malgré tout que ce soit avec, plutôt que sans.

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