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quand ça veut pas, ça veut pas

Miscellanées pour un jour sans

4 min
À retrouver dans l'émission

Il y a des jours où les chroniques s'écrivent toutes seules. Et d'autres où l'inspiration ne vient pas. Mais alors vraiment pas...

quand ça veut pas, ça veut pas
quand ça veut pas, ça veut pas Crédits : Oleksiy Boyko / EyeEm - Getty

Il y a des jours avec. Il fait beau, vous avez bien dormi, vous allez bien manger, demain c’est samedi, votre test Covid est négatif, les gosses ne reviennent de vacances que dimanche, vous ne manquez pas d’idées pour votre chronique du lendemain.

Et puis il y a des jours sans. Il pleut, vous avez sommeil, ce soir c’est brocolis, demain c’est mercredi, à cause du coronavirus, les grands-parents n’ont pas pu accueillir les enfants. Encéphalogramme plat : devant votre écran d’ordinateur, vous avez l’activité cérébrale d’un chicon. Vous êtes le 27 octobre 2020 : vous êtes hier.

Il est déjà 16h et rien -mais ce qui s’appelle rien- ne vient. Jusqu’à ce que, en parcourant des yeux votre bibliothèque à la recherche de l’inspiration, vous tombiez sur ce petit livre qui avait fait sensation il y a une quinzaine d’années : ‘’Les miscellanées de Mr Schott’’ (éditions Allia).

Mr Schott, Ben de son prénom, est britannique. Il fallait au moins ça pour avoir l’idée de recueillir, dans un même ouvrage, des informations aussi essentielles que les meilleures insultes shakespeariennes, la recette du bloody mary, celle -six fois plus longue- du BigMac, la liste des lauréats de l’Eurovision ou encore la formule chimique de la testostérone. ‘’Une collection unique de petits riens essentiels’’ pour reprendre l’argumentaire du livre, qui se vendit tout de même à plus de 2 millions d’exemplaires à travers le monde. Avec un peu de chance, j’allais y trouver quelques fragments susceptibles de faire tenir debout cette chronique sur la transition écologique.

Saviez-vous par exemple que lorsqu’un iceberg mesure moins d’un mètre de haut dans sa partie émergée et moins de 5 de large, on parle d’un bourguignon ? Que pour marcher en file indienne sur la glace, il faut que celle-ci fasse au moins 8 centimètres d’épaisseur, mais 4 seulement si vous êtes seul et à ski ? Que l’intensité des tornades se mesure sur l’échelle de Fujita-Pearson qui va de 0 à 6, et que le maximum suppose des vents à plus de 500 km/h, ce qui n’arrive jamais dans la vraie vie (sauf dans ‘la Horde du contrevent’ d’Alain Damasio) ?

Anecdotique pour anecdotique, je me suis lancé à mon tour dans la compilation de mes propres miscellanées, des petits riens pas vraiment essentiels mais souvent absurdes, notés à droite-à gauche depuis des mois, et qui finissent par prendre la poussière au fond d’un carnet.

Celui-ci par exemple : le mois dernier, dans le cadre de la semaine du développement durable, nous étions invités, nous les salariés de Radio France, à assister à une conférence en ligne…sur la pollution numérique ! Ou encore celui-là : Air France et la fondation Solar Impulse de Bertrand Piccard ont lancé un appel à projet pour remplacer, en cabine éco, les verres à champagne en plastique par un modèle plus durable ! Un certain Cyrille m’a par ailleurs écrit, et j’ai bien peur qu’il l’ait fait au premier degré, pour me faire la réclame d’une innovation incroyable : la plante verte de fonction, à destination des salariés en télétravail. Le nom de cette soi-disant ‘’nouvelle tendance : la télévégétalisation’’

Lors d’un trajet récent dans le Massif central, le conducteur m’a raconté la savoureuse histoire de deux agriculteurs. Le cheval du premier était mort. Plutôt que de l’emmener à l’équarrissage, il demande au second de déposer le corps sur la plateforme de sa propriété qui sert de garde-manger aux vautours. C’est interdit, ça n’aurait jamais dû se savoir, si les vautours, à leur tour, n’avaient pas succombé les uns après les autres : tués par les entrailles du cheval, lequel était chargé comme un triathlète est-allemand.

Un petit dernier pour la route ? J’avais noté cette info dont je ne sais pas trop quoi faire : il faut en moyenne 3.6 secondes après l’émission d’une bouse de vache pour voir les premiers insectes rappliquer, et une année entière pour que celle-ci soit totalement dégradée.

J’ai cherché dans les Miscellanées de Mr Schott de quoi conclure cette chronique de manière un peu originale. J’y ai trouvé cette formule, parmi tout un tas d’autres, qui me semble constituer un excellent résumé de ce qui vient de se passer : ‘’il y a des jours avec…et il y a des jours sans’’.

Chroniques
8H50
3 min
Carnet de philo
Hommage à l'oncle du boulanger du frère de la belle-soeur de mon meilleur ami (et à la rumeur)

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