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santé humaine, animale et environnementale doivent être envisagées de manière globale et connectée selon le concept One Health

One Health : et surtout la santé

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La santé humaine ne peut s'envisager sans prendre en compte la santé animale et environnementale. C'est le principe de l'approche One Health, revigorée par la pandémie.

santé humaine, animale et environnementale doivent être envisagées de manière globale et connectée selon le concept One Health
santé humaine, animale et environnementale doivent être envisagées de manière globale et connectée selon le concept One Health Crédits : Andriy Onufriyenko - Getty

Je ne sais pas dans quelles conditions les vœux du Nouvel An pourront être échangés cette année : en présentiel ou à distance. Mais ce qui est certain, c’est que la formule ‘’et surtout la santé’’, qui vient ponctuer ce rituel, aura rarement été aussi appropriée. ‘’Et surtout la santé’’ : c’est bien le moins qu’on puisse se souhaiter en 2021.

Le fait d’évoquer ce sujet dans une chronique dédiée à la transition écologique peut paraitre décalé au premier abord. Pourtant, santé et environnement sont intimement liés, au point que depuis quelques années, une approche beaucoup plus intégrée et systémique de ces questions est privilégiée. Le professeur de médecine Didier Sicard en a brièvement parlé mardi dernier à votre micro : il s’agit de l’approche ‘’One Health’’.

L’approche ‘’One Health’’ (qu’on peut traduire par ‘’Une seule santé’’) date du début des années 2000.  Elle signifie que la santé ne se découpe pas en tranches, que celle des uns, les humains, dépend aussi de celle des autres, les animaux, les végétaux, et plus largement l’environnement. Bref que de la même manière que le corps humain est un tout, la planète en est un autre.

Il s’agit donc pour commencer de faire travailler ensemble les différentes institutions : c’est le cas au niveau international entre les agences de l’ONU que sont la FAO, l’OMS et l’Organisation mondiale de la santé animale. Mais il s’agit aussi de faire davantage coopérer ceux qui exercent les métiers de médecins, de vétérinaires, ou encore de naturalistes. A l’heure de la multiplication des zoonoses (ces maladies susceptibles de passer de l’animal à l’homme et inversement), cela semble pour le moins cohérent.

L’actualité vient (malheureusement) conforter la nécessité d’une telle approche. Vous avez sans doute entendu parler de cette décision du Danemark de faire abattre la totalité des visons d’élevage sur son sol, soit 15 millions de bêtes. La raison : une mutation du coronavirus détectée chez ces animaux et transmise à une douzaine de personnes. La conséquence : un possible affaiblissement de l’efficacité du futur vaccin contre le Covid19. La lutte contre la pandémie va donc bien au-delà de la médecine humaine.

Je vous le disais, cette approche globale et systémique de la santé remonte au début des années 2000. Mais il faut croire que vingt ans après, elle peine encore à s’imposer. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement n’en fait à ce jour pas partie. D’où la tribune que vient de signer dans le Monde un collectif de chercheurs, médecins et vétérinaires en faveur de l’institutionnalisation du concept One Health, via la création d’un Haut Conseil international de la santé, qui aurait pour vocation de chapeauter l’ensemble des acteurs et des disciplines.

Sur le plan national, un des signataires de la tribune, le député LREM Loïc Dombreval, vient de déposer une proposition de résolution à l’Assemblée nationale, afin que ce concept d’une seule santé soit intégrée dans les prises de décision sanitaires, et que cette approche interdisciplinaire aide ‘’à mieux appréhender, anticiper et gérer l’irruption de nouvelles pandémies’’.

Evidemment, en pratique, ce n’est pas si simple. Au-delà de la difficulté à faire fonctionner les instances du multilatéralisme, il y a aussi un mur économique. L’approche One Health peut conduire à la remise en cause de certaines pratiques, s’il s’avère que celles-ci sont globalement dommageables à la santé : par exemple l’élevage industriel, la déforestation, l’exploitation des hydrocarbures, dont il ne s’agit plus seulement d’évaluer l’impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre mais également sur le plan sanitaire. De telles remises en cause sont évidemment difficiles à mener. (je vous conseille à ce sujet l’interview par TV5 Monde d’une autre signataire de la tribune, l’infectiologue Coralie Martin).

Encore que l’argument économique peut aussi servir cette stratégie. Un ordre de grandeur pour terminer. On le doit à  l’IPBES, l’équivalent du GIEC pour la biodiversité. Selon son dernier rapport, ‘’le coût de la prévention et de la réduction des risques de pandémies est 100 fois moins élevé que le coût de la réponse à ces pandémies’’. 100 fois moins.

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