LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Convention citoyenne pour le climat : y a plus qu'à

Un samedi matin au CESE

3 min
À retrouver dans l'émission

La 2e session de la Convention citoyenne pour le climat avait lieu ce week-end au CESE (Conseil économique social et environnemental). Pas du tout spectaculaire, mais passionnant.

Convention citoyenne pour le climat : y a plus qu'à
Convention citoyenne pour le climat : y a plus qu'à Crédits : hanibaram - Getty

C'était le match à ne pas rater. Angleterre-Nouvelle Zélande, demi-finale de la coupe du monde de rugby. Je n’ai pas réalisé la semaine dernière, en m’inscrivant à un des ateliers de la Convention citoyenne pour le climat, que la rencontre aurait lieu au même moment, me privant du combat de l’année. A vrai dire, je n’ai pas regretté.

J’avais pourtant quelques préventions, et la plupart persistent, à propos de cette Convention. Non pas sur le principe : qu’une assemblée citoyenne, issue du tirage au sort, soit chargée de réfléchir aux moyens d’endiguer le réchauffement climatique, et de le faire dans un esprit de justice sociale (comme le précise son mandat), voilà qui a belle allure.

Mais le mandat, justement, est démesuré. On demande à 150 personnes, dont ce n’est ni le métier, ni la compétence, non seulement de réfléchir, mais encore de définir les mesures à prendre pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport à 1990 : énorme chantier, responsabilité écrasante. Dans un système politique qui fonctionne correctement, n’est-ce pas au Parlement, réuni pourquoi pas en Etats généraux (puisque l’affaire est d’importance), qu’il aurait fallu confier une telle tâche ?

On peut par ailleurs douter de la sincérité du chef de l’exécutif, quand il promet que les propositions de la Convention seront soumises ‘sans filtres soit à référendum, soit au vote du Parlement, soit à application réglementaire directe’. Que se passera-t-il si ces propositions remettent en cause les orientations de la politique du gouvernement ? Et si elles les confirment, comment ne pas laisser penser que les travaux auront été téléguidés pour servir les intérêts du pouvoir ?

Une auditrice m’a d’ailleurs transmis plusieurs courriers qu’elle a adressés aux membres de la Convention ainsi qu’à ceux du Comité de gouvernance. Elle suggère aux premiers de ne pas hésiter, s’ils considèrent qu’ils n’ont eu ni le temps, ni la possibilité d’élaborer leurs choix, ‘’de rendre comme conclusion de refaire une convention dont ils fixent eux-mêmes les modalités de travail’’. On pourrait même les imaginer refusant de quitter le Cese autrement que par la force des baïonnettes.

Oui car il y a bien quelque chose de ‘révolutionnaire’ dans cette Convention citoyenne, qui, pour l’instant, déjoue assez bien les réserves exprimées, parce qu’elle propose un exercice rafraîchissant de démocratie participative, avec des acteurs qui n’ont rien de militants : j’ai pu en juger sur pièce en assistant, samedi matin, au Conseil économique, social et environnemental, à l’atelier ‘’Travailler et Produire’’, un des cinq proposés pour cette deuxième session.

Il s’agissait de se fondre dans le décor, de ne pas troubler le dialogue entre les 4 experts invités pour l’occasion, et une trentaine de membres de la Convention. En une heure trente environ, il y fut question de prix du carbone et de la façon de le fixer, de la loi de l’offre et de la demande, de la nécessaire réindustrialisation du territoire, de l’orientation des dividendes vers la recherche et de l’impact du changement climatique sur l’arborescence des métiers.

Vient ensuite le temps de la restitution, dans l’hémicycle. Rien de spectaculaire et c’est justement ça qui est passionnant. Je vous encourage vivement à regarder ces restitutions sur le site de la Convention. Si j’étais anthropologue, j’y consacrerais une thèse. On y voit, en temps réel, presque au ralenti, se forger des décisions, dans le débat et la concertation. Si loin des usines à clash que sont devenues certaines chaines de télévision. A qui on pourrait d’ailleurs suggérer, elles qui semblent ne plus savoir comment remplir leur temps d’antenne, d’en retransmettre les temps forts en direct. Chiche ?

Chroniques
8H50
3 min
La Théorie
Amélie Nothomb, l’anti Prix Goncourt ?
L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......