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dis donc mon p'tit bonhomme, il serait temps de regarder la crise écologique en face

Y a plus de jeunesse !

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Les boomers ont détruit la planète. Heureusement, la jeunesse est là pour les rappeler à l’ordre et tenter de réparer leurs erreurs passées. Mais ne misons pas tout sur elle.

dis donc mon p'tit bonhomme, il serait temps de regarder la crise écologique en face
dis donc mon p'tit bonhomme, il serait temps de regarder la crise écologique en face Crédits : Jose Luis Pelaez Inc - Getty

‘’No more empty promises’’. ‘’Plus de promesses creuses’’. C’était le slogan de la dernière grève mondiale pour le climat, organisée le 19 mars dernier par Fridays for future, le mouvement initié par Greta Thunberg. Si cette grève a été moins médiatisée qu’en 2019 -Covid oblige- un constat s’impose : quand il s’agit de mobiliser sur le climat, la jeunesse est en première ligne. 

Sans elle, la lutte citoyenne contre le changement climatique n’aurait assurément pas la même ampleur. Pour autant, faut-il s’en remettre béatement à cette seule génération Z ? La tentation est grande d’essentialiser cette classe d’âge et d’idéaliser son engagement. Or, une étude et un scrutin viennent apporter un peu de nuance dans ce tableau un peu trop idyllique pour être tout à fait vrai.

Commençons par l’étude menée par le collectif de chercheurs Quantité critique et publiée en début de semaine par le journal La Croix. Le thème : la jeunesse et l’écologie. L’échantillon : 2000 personnes, âgées de 16 à 30 ans. Et un portrait générationnel qui ressemble davantage à un nuancier qu’à un monochrome.

Car si certains sont très investis dans la lutte contre le changement climatique, ils ne représentent qu’une minorité active au sein de cette tranche d’âge. La majorité est beaucoup plus hésitante. Ceux qui admettent un ‘’soutien distant’’, c’est-à-dire sans ‘’traduction pratique’’ d’un point de vue individuel ou collectif, et ceux qui font part de leur indifférence sur ces questions représentent 57 % de l’échantillon ! 57 % des 16-30 ans ! Auxquels il faut ajouter 6% qui ne croient pas à la crise écologique. On est loin d’une génération homogène sur ce sujet.

Le scrutin à présent. Direction la Suisse cette fois pour des votations organisées dimanche dernier dans le pays (et dont je vous ai parlé avant-hier). Les électeurs devaient se prononcer sur l’interdiction prochaine des pesticides de synthèse, et sur une loi visant à réduire davantage les émissions nationales de gaz à effet de serre. Or les enquêtes menées à la sortie des urnes font apparaitre que la tranche d’âge qui a le plus massivement voté contre l’interdiction des pesticides, et contre la loi CO2, ce sont les 18-34 ans ! Les jeunes suisses se sont montrés moins écolos que leurs parents et leurs grands-parents ! 

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Evidemment, il faut faire attention à ne pas tirer de conclusions hâtives de cette enquête et de ce scrutin. En déduire que la jeunesse se fiche pas mal du changement climatique serait absurde…tout autant que d’affirmer que les boomers, cette génération née après-guerre, n’en a strictement rien à faire. La répartition des positionnements politiques est un peu plus complexe que ça.

Mais on peut néanmoins tirer de ces résultats quelques petites leçons. D’abord, l’idée manichéenne d’une jeunesse forcément généreuse et d’une vieillesse profondément égoïste ne tient pas. Si mes souvenirs sont bons, on peut même être jeune ET con à la fois.

Cette préoccupation à géométrie variable des jeunes pour les questions climatiques oblige aussi les autres générations à ne pas compter que sur eux, à assumer leur part de responsabilité. Ne misez pas tout sur la jeunesse pour changer le monde, vous risquez d’être déçus.

J’y vois enfin un intérêt beaucoup plus personnel, d’ordre familial. Le changement climatique avait fini par instaurer un renversement des rapports d’autorité, chaque leçon de vie administrée aux enfants recevant cette accusation en retour : ‘’t’as vu dans quel état est la planète à cause de ta génération ?’’ Désormais, études à l’appui, l’argument devient réversible. Alors les jeunes, on fait moins les malins ?

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