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Jack Ma, pdg d'Alibaba, durant une conférence à l'université de Macao en juin 2016

Jack Ma, l'homme qui a la solution pour l'économie mondiale

4 min
À retrouver dans l'émission

Le G20 se déroule à Hangzhou, en Chine, la ville du fondateur d'Alibaba qui en profite pour promouvoir son idée d'une e-OMC.

Jack Ma, pdg d'Alibaba, durant une conférence à l'université de Macao en juin 2016
Jack Ma, pdg d'Alibaba, durant une conférence à l'université de Macao en juin 2016 Crédits : CHEONG KAM KA / XINHUA - AFP

Si le G20 se déroule à Hangzhou, c’est parce que cette ville est le symbole d’une Chine moderne. Mais Hangzhou est aussi la ville de Jack Ma… Et Jack Ma, il a solution pour relever la croissance mondiale….

Et pour que vous ne rigoliez pas tout de suite à l’énoncé de cette proposition, il faut dire quelques mots de Jack Ma. Jack Ma est né en 1964 à Hangzhou, sous le nom de Ma Yun, dans une famille modeste. Il est minuscule et maigrichon. Il n’était pas un élève particulièrement brillant, n’est pas passé par les universités les plus prestigieuses et ses débuts professionnels ont été chaotiques. Il découvre Internet pendant un séjour rocambolesque aux Etats-Unis en 1995, alors que la Chine vient de se relier au réseau mondial. Jack Ma créé un très simple annuaire des entreprises chinoises, sans succès. Mais en 1999, il fonde Alibaba.com et là, c’est une autre histoire. Alibaba, le nom peut étonner mais il reflète les ambitions de Ma. Alibaba, c’est à la fois une référence à son amour des grands récits, c’est international et le fait de commencer par A lui permet d’apparaître en tête des annuaires alphabétiques. Le principe de départ d’Alibaba est simple : faire du B to B, dans le domaine des PME, en mettant en relation les sous-traitants chinois de tous les domaines avec les entreprises du monde entier qui ont besoin de ces sous-traitants. Il n’est pas exagéré de dire qu’Alibaba a participé pour beaucoup à la croissance de la Chine, et à la mondialisation de son économie. Peu à peu, Alibaba s’est agrandi avec une galaxie de services associés - un site de commerce en ligne, un site de paiement, un site d’enchère etc. -, le groupe est insensible à la baisse de la croissance chinoise, il vaut aujourd’hui 246 milliards d’euros, Jack MA est le deuxième homme le plus riche de Chine, et, au dire des spécialistes le Chinois le plus puissants en dehors du gouvernement. Il a été reçu plusieurs fois par des ministres français, Obama l’a interviewé pendant un sommet Asie-Pacifique, et il a récemment été nommé conseiller du gouvernement indonésien.

Ainsi, il est logique que, profitant de leur voyage à Hangzhou, des businessmen et même des leaders politiques (c’était le cas samedi de Justin Trudeau, le premier ministre qui fait tout bien) se pressent pour rencontrer Jack Ma.

Mais Jack Ma ne se contente pas de faire des rencontres, il compte profiter du G20 pour promouvoir une initiative annoncée il a quelques mois. Constatant que les PME du monde entier sont limitées dans leur expansion par la difficulté à entrer en contact les unes avec les autres, mais surtout par tous les protectionnismes, il envisage de créer une plateforme électronique du commerce mondiale qui palierait ces deux obstacles. Ce serait donc une e-Organisation Mondiale du Commerce (e-WTP en anglais), qui aurait comme différence avec l’OMC qu’elle se passerait des traités gouvernementaux. Car Jack Ma réaffirme une conviction qu’il l’a rappelée il y a deux jours sur CNN.

Les gouvernements font tout pour empêcher le libre commerce, or le commerce, c’est ce qui empêche les guerres.... On pouvait à la limite y croire au temps de Montesquieu et de son “doux commerce” mais depuis, l’histoire du monde depuis permet d’en douter... mais peu importe ce discours d’accompagnement apparemment naïf. Peu importe que Jack Ma n’ait sans doute pas lancé cette idée sans l’appui du gouvernement chinois. Peu importe que cette e-OMC ressemble fort à un Alibaba à une autre échelle, car on a l’impression aujourd’hui que le monde est prêt à chanter comme les employés de Jack Ma le faisaient en 2014 "Ali, Alibaba"

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