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En 1946, l'ordinateur ENIAC occupait une place certaine...

La prochaine révolution : la disparition de l'ordinateur

4 min
À retrouver dans l'émission

Portrait de la technologie en domestique.

En 1946, l'ordinateur ENIAC occupait une place certaine...
En 1946, l'ordinateur ENIAC occupait une place certaine... Crédits : Auteur inconnu

Quand on se demande quelle révolution pourrait bien advenir, il est bon d’écouter les vieux. Mais cette catégorie très particulière de vieux qui réussit à allier la curiosité pour le présent, l’enthousiasme pour l’avenir et la mémoire du passé, un combo rare mais d’une préciosité au-delà de tout. Ecouter les vieux, et lire donc la dernière chronique de Walt Mossberg dans Recode. Walt Mossberg, 70 ans, pionnier et figure éminente du journalisme technologique (il a commencé à chroniquer l’informatique dès la fin années 1980 dans le Wall Street Journal, et quotidiennement sur plusieurs supports depuis 1991), Walt Mossberg qu’on appelait le “faiseur de rois” dans le monde de la technologie, Walt Mossberg a annoncé qu’il prendrait sa retraite et a signé donc sa dernière chronique dans Recode, le site qu’il a lancé en 2014 avec Kara Swisher. Et que dit cette dernière chronique de Mossberg ? Eh bien que l’ordinateur va disparaître. Pas l’informatique, évidemment, mais l’ordinateur.

Accalmie dans les technologies

Comment Mossberg en arrive-t-il à cette conclusion ? Il a l’impression que nous vivons une sorte d’accalmie dans l’évolution des technologies. Il remarque que depuis sa première chronique en 1991, ce qui a le plus changé, c’est la facilité d’usage des outils informatiques. Utiliser un ordinateur ou un iPhone, un enfant de deux ans y arrive. Ils ont donc pleinement pris leur place dans nos vies. Les smartphones ont 10 ans, ils sont devenus nos ordinateurs personnels, mais Mossberg ne voit dans l’avenir proche pas de grands progrès spectaculaires de ce côté. Quant aux ordinateurs fixes, ils font désormais partie des meubles. Même chose pour l’informatique dans les nuages ou les réseaux sociaux, qui croissent toujours, mais sont bien établis maintenant.

Quand aux assistants domestiques (Alexa d’Amazon ou le Google Home), ils n’en sont encore qu’à leur début, et se vendent d’ailleurs beaucoup moins vite que se vendaient les iPhones à leur début. En fait, ce sur quoi travaillent aujourd’hui des entreprises dont nous ne connaissons pas encore les noms, ni les produits, c’est autre chose, c’est l’intelligence artificielle, les machines apprenantes, la réalité virtuelle, la robotique, les drones, les maisons intelligentes, les voitures autonomes, les vêtements et la santé connectés. Et, selon Mossberg il y a un point commun à tous ces outils et services : “Ils incluent une puissance de calcul supérieure et plus distribuée, de nouveaux capteurs, de meilleurs réseaux, de la reconnaissance vocale et visuelle plus efficace, et des logiciels qui soient en même temps plus intelligents et plus sûrs.” Et ce qui existe à l’heure où nous parlons n’est que l’équivalent de ce que furent les premiers ordinateurs personnels par rapport aux outils d’aujourd’hui.

Les ordinateurs ne nous encombreront plus

Or l’avenir de ces outils passera par la disparition des ordinateurs, qui se fondront dans le décor. Ces outils même disparaîtront pour ne s’activer que quand quelqu’un entrera dans une pièce, par le son de sa voix, ses mouvements, ou la simple pensée. Les ordinateurs ne nous encombreront plus. Ils seront là à nous attendre. immobiles, silencieux. Nous ne les verront plus, ne les toucheront plus. Ce sont les recherches de Facebook sur des machines contrôlées à distance par la pensée, ou celles de start-up qui cherchent à alimenter nos outils avec l’électricité de l’air (pour qu’il n’ait plus besoin de cordons qui les relient à des prises électriques). Bien sûr, Mossberg est conscient des problèmes que cela pose, en termes de vie privée et de monopoles économiques;,mais il voit là, d’ici 10 ou 20 ans, l’avènement d’un monde dans lequel la technologie sera à la fois absente et partout présente, l’avènement d’un monde nouveau, méconnaissable.

Ce monde est-il vraiment si nouveau ? Je me permets, mais c’est très présomptueux, d’ajouter à celle de Mossberg ma propre théorie. La disparition des ordinateurs, il s’agira là de la réalisation d’un vieux rêve de la technologie comme service, de la technologie rendue au rang de domestique de nos vies. Souvenez-nous de la devise donnée à Anthony Hopkins, le majordome obsessionnellement pointilleux dans le film de James Ivory “Les Vestiges du jour” : “Quand un majordome est dans la pièce, la pièce est encore plus vide.” Et voilà, la révolution à venir, c’est peut-être ça : un retour à la domesticité. Mais avec des machines pour vous servir. On a connu ça. Et un jour, les domestiques ont cessé de vouloir être domestiques.

Chroniques
8H45
5 min
Le Journal de la culture
Le Journal de la culture : Lundi 5 juin 2017
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