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Une jeune fille tient un insecte (bug) qu'elle va manger

Quelques bugs bizarres et poétiques

4 min
À retrouver dans l'émission

L'informatique est faillible. Mais les bugs ont parfois des manifestations très étranges.

Une jeune fille tient un insecte (bug) qu'elle va manger
Une jeune fille tient un insecte (bug) qu'elle va manger Crédits : Ton Koene / DPA - AFP

Hier , Facebook reconnaissait que c’est un bug qui est à l’origine de la republication de vieilles photos supprimés dans les fils d’actualité de certains usagers. Malgré les progrès de toutes les techniques de vérification, les programmes informatiques se complexifiant, ils sont toujours plus susceptibles de comporter des erreurs. Comme le dit le chercheur en informatique Roberto Di Cosmo, la moindre application dans notre téléphone est plus compliquée à concevoir qu’un pont suspendu. Or, un des problèmes du bug, c’est que ses manifestations peuvent être très étranges. En guise de contes de Noël informatiques, voici un recueil de quelques bugs transmis par un aimable correspondant :

C’est l’histoire d’un père de famille qui chaque soir, va acheter, de la crème glacée pour le dessert familial, chaque soir un parfum différent. Or, il remarque que sa nouvelle voiture, une Pontiac, ne démarre pas quand il a acheté de la glace à la vanille, et seulement de la glace à la vanille. Il s’adresse au service après-vente de Pontiac qui, intrigué par cette voiture allergique à la glace à la vanille, envoie un ingénieur. Après avoir constaté le fait, l’ingénieur trouve la réponse : dans le magasin, la glace à la vanille, parfum le plus populaire, bénéficie d’un comptoir à part, qui fait qu’on l’achète plus vite. Or la Pontiac, dont le système de refroidissement était défaillant, était équipée d’une sécurité qui empêchait la voiture de démarrer quand le moteur était trop chaud. Le moteur n’ayant pas le temps de refroidir quand l’homme achetait de la glace à la vanille, la voiture ne redémarrait pas.

C’est l’histoire d’un informaticien russe à qui on demande à la fin des années 80 d’écrire un programme pour orienter les wagons des trains de marchandise qui arrivent dans un gros centre de livraison près de Sverdlovsk, en Oural. Le programme tourne sur un ordinateur placé dans un bâtiment qui borde la voie ferrée. Il marche bien en général, sauf à certains moments où, inexplicablement il plante. Vite, il s’aperçoit qu’il plante au passage de certains trains. Pourquoi ? Par recoupement, l’informaticien remarque que ça ne concerne que les trains qui transportent du bétail provenant du Nord de l’Ukraine ou de l’Ouest de la Russie. Se rappelant la catastrophe de Tchernobyl, l’informaticien convainc par l’alcool un soldat russe de lui prêter un compteur Geiger. Et là, en mesurant la radioactivité des wagons de ces trains, il s’aperçoit que non seulement elle est beaucoup plus élevée que la normale, mais surtout elle est suffisamment élevée pour perturber l’ordinateur lui-même (j’avoue ne pas bien comprendre comment….). Quand il s’est aperçu que dans les abattoirs des environs, la viande irradiée était mélangée à de la viande saine pour faire baisser les taux de contamination, il a demandé un visa pour quitter à jamais l’URSS.

C’est l’histoire d’un homme dont l’ordinateur est étrange. Pour ouvrir une session, l’homme doit entrer un mot de passe. Quand il se met debout pour l’entrer, la session ne s’ouvre pas, quand il s’assied pour entrer le mot de passe, ça marche. Pourquoi ? Il soupçonne d’abord un problème électrique mais aucun fil suspect ne passe sous le fauteuil, pas de problème électrostatique. Seule possibilité, le clavier. Eh bien, il s’est aperçu que deux touches du clavier avaient été inversées. Ainsi, quand il était assis, il tapait sans regarder son clavier et entrait le bon mot de passe, mais quand il était debout, il regardait son clavier et entrait donc un mauvais mot de passe.

Je pourrais encore vous raconter l’histoire du programme d’échange bancaire qui se met à bugger dès que les Equatoriens se branchent. Après maintes recherches, on comprend que quand un utilisateur écrit “Quito”, l’ordinateur comprend “quit” (“quitter”) et il s’éteint. Ou alors je pourrais encore vous raconter comment les chercheurs du CERN à Genève ont compris que les erreurs dans l’exécution de leurs programmes étaient dues à la très légère déformation de la géométrie des 27 km de circonférence de l’accélérateur de particules du CERN à chaque passage de la lune.

S’il y a une morale à ces petits contes, la voici : l’informatique est une science faillible, ce qui la rend à la fois fascinante, inquiétante et poétique.

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