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Les 50 ans de Saravah (éditions Saravah)

50 ans de Saravah

5 min
À retrouver dans l'émission

« Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » le label fondé par Pierre Barouh a réuni aussi bien chanson, jazz et musiques venues du Japon du Brésil ou d’Afrique dans une forme d’utopie encore célébrée, ici par la génération de Bertrand Belin, Jeanne Cherhal et Maïa Barouh.

Les 50 ans de Saravah (éditions Saravah)
Les 50 ans de Saravah (éditions Saravah) Crédits : Dessin de Charles Berberian

« La Bicyclette » qui ne fut pas seulement celle d’Yves Montand, mais de milliers de millions d’auditeurs, c’est une musique de Francis Lai avec les mots de Pierre Barouh. Certains auront reconnu ici la voix et le phrasé si singulier de Bertrand Belin, ouverture toute indiquée pour un voyage dans le répertoire du label Saravah, label indépendant fondé par Pierre Barouh et dont on fête les 50 ans.

Pierre Barouh le « promeneur » comme il est écrit sur son passeport, qui après avoir édité la musique d’Un homme et une femme (vous vous souvenez Chabada bada toujours avec Francis Lai) a fondé un label dont le sous-titre était « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » le mot est de Salvador Dali, et dit presque tout de l’ambition du « slow bizz » voulu par Pierre Barouh. Qui a tout de même édité près de deux cents albums, tous genres confondus, dont la moitié produits entre 1967 et 1977.

Un geste célébré aujourd’hui par une autre génération de musiciens, qui sans doute ont grandit en écoutant les disques édités par Saravah, ceux de Brigitte Fontaine et Areski, les premiers albums de Jacques Higelin, les expérimentations jazz, brésiliennes ou africaines, on croise ici pour les reprises Jeanne Cherhal, Camelia Jordana, Albin de la Simone, mais aussi François Morel et Yolande Moreau, en plein dialogue quand tout d’écroule : « C’est normal ». Une sorte de Credo quia absurdum un rien tordu « c’est normal » je crois parce que c’est absurde, et la chanson n’a pas vieilli une seconde, hélas.

C’est tout l’art de la « musique légère » comme l’écrivait Jean-Roger Caussimon : aisée à écouter et profonde et exigeante dès que l’on s’y penche. Et c’est au passage l’un des coups de Pierre Barouh avec Saravah : avoir convaincu l’auteur des chansons de Léo Ferré de se mettre chanter lui aussi, à cinquante ans passé. Il y aurait mille histoires à raconter à propos de Saravah et des disques paru sous ce label, histoires souvent nées du hasard « la vertu des impondérables » comme le répète souvent Pierre Barouh. Il reste beaucoup à redécouvrir dans le répertoire de Saravah, « pour que la mémoire du vent retienne nos chansons » on se quitte avec une adaptation d’une chanson brésilienne dont l’enregistrement au petit matin après une nuit sans sommeil a changé le cours de quelques vies. Samba Saravah.

Enfin rêvons - pour une suite peut-être- que soient invités à la fête d’autres héritiers légitimes de Saravah : Flop, Vincent Delerm, Mathieu Boogaerts, ARLT, le tout avec des images de Vincent Moon, pourquoi pas ?

Extraits diffusés :

  • « La Bicyclette » (Pierre Barouh, Francis Lai) par Bertrand Belin
  • « C’est normal » (Brigitte Fontaine, Areski Belkacem) par François Morel et Yolande Moreau
  • « Samba Saravah » (Baden Powell de Aquino, Vinicius de Moraes, et Pierre Barouh)

Disque : Les 50 ans de Saravah (éditions Saravah)

Dimanche soir - dimanche 20 nov. au Trianon à Paris concert (avec Jeanne Cherhal, Albin de la Simone, Bastien Lallemant, Séverin…)

Et puis Emission spéciale Samba Saravah dans Continent Musiques

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