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 « Abu Sadiya » (Accords Croisés)

Abu Sadiya : jazz et possession

4 min
À retrouver dans l'émission

Le saxophoniste et clarinettiste Yacine Boularès évoque le patrimoine menacé de la musique stanbeli à travers la figure d’Abu Sadiya. Avec à ses côtés rien de moins que le batteur Nasheet Waits et Vincent Segal.

 « Abu Sadiya » (Accords Croisés)
« Abu Sadiya » (Accords Croisés) Crédits : graphisme : Tom Payeur

« Dar Shems » ou « la maison du soleil » et l’ouverture au récit d’une errance, d’un profil disparu : Abu Sadiya. Vous écoutez le souffle de Yacine Boularès, saxophoniste et clarinettiste franco-tunisien installé à New York qui invite à ses côtés le batteur américain Nasheet Waits et le violoncelliste français Vincent Segal. Formation trio assez rare pour un projet quasi narratif.

Le fil à suivre ici c’est celui du personnage d'Abu Sadiya, qui au XIème siècle aurait erré dans les rues de Tunis à la recherche de sa fille, enlevée et mise en esclavage. Abu Sadiya aurait été aussi le guide spirituel des esclaves venus de l'empire Malien qui vivaient en Tunisie. Yacine Boularès fait un portrait plus précis (comme le dessin de cette couverture) « Abu Sadiya faisait peur aux enfants (…) Vêtu de peaux de chèvres et de haillons, coiffé d’un bonnet conique, ce Noir qui dansait en roulant des yeux fous était le Père Fouettard des rues tunisiennes » apprend-on dans les notes et le musicien qui avait entendu parler de cette figure par son père, a souhaité faire revivre ce personnage à l’origine de toute une tradition musicale, où la transe offre à certains à la guérison…

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“Takhmira » ou « l’entrée en transe » extrait de ce projet « Abu Sadiya » porté par Yacine Boularès… Le saxophoniste et clarinettiste voulait ici renouer avec la tradition du stanbeli* tunisien « musique intimiste moins populaire que le gnawa marocain » comme il l’explique. Une culture refoulée par certains qui considèrent cette musique et ses rites de possession thérapeutique comme une dissidence de l’islam. (voir Article ICI)

Le violoncelliste Vincent Segal – rencontré aux côtés de Placido Domingo - y voit aussi une autre échappée de l’autoroute de la musique, un de ces « petit chemins caillouteux » qu’il affectionne. Un disque qui opère comme une boucle depuis l'Afrique sub-saharienne, l'Afrique du Nord de l'autre côté et le jazz.

Yacine Boularès, Vincent Segal et Nasheet Waits
Yacine Boularès, Vincent Segal et Nasheet Waits Crédits : (Accords Croisés)

extraits diffusés :

  • Dar Shems
  • Takhmira (Suite for Abu Sadiya)
  • Nuba (Suite for Abu Sadiya)
  • Interlude

Yacine Boularès, Vincent Segal et Nasheet Waits « Abu Sadiya » (Accords Croisés)

Concert mercredi prochain le 25 janvier à l’Alhambra (Paris) le 14 mars 2017 au Sunside (Paris)

* : ouvrage recommandé par les auteurs : Richard C. JANKOWSKY : Stambêlî : Music, Trance and Alterity in Tunisia. Chicago : University of Chicago Press, 2010

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