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Anton Bruckner - The Complete Symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm (Deutsche Grammophon)

Aimez-vous Bruckner ?

5 min
À retrouver dans l'émission

« Antinaturel, boursouflé, compositeur préféré d’Hitler » le pire a été dit à son propos. A l’occasion de la parution de l’intégrale des symphonies d'Anton Bruckner par Daniel Barenboïm et le Staatskapelle Berlin, quelques points sur un auteur qui divise encore.

Anton Bruckner - The Complete Symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm (Deutsche Grammophon)
Anton Bruckner - The Complete Symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm (Deutsche Grammophon)

« Où commence et où finit le thème de l’Adagio de la Septième Symphonie qui vous est si chère, ô comtesse ? A l’opposé du sempiternel ressassement des leitmotivs wagnériens et straussiens, l’ample et lente mélodie nous associe au mouvement de l’amour infini... Cette mélodie ininterrompue entre reprises et développements, irrésistible pulsation, est aussi fascinante – oui, obsédante ! – que celle qui unit Roméo et Juliette dans leur Scène d’amour chez Berlioz »

A lire dans « Détestez-vous Bruckner ? » texte signé P.C.C. les trois « C » : Christophe Deshoulières, C. Liverani, Christian Wasselin ; dialogue imaginaire aussi brillant que violent entre passionnés et détracteurs d’Anton Bruckner. Il y en eu beaucoup -et notamment en France- pour dédaigner l’œuvre du compositeur autrichien, de son vivant et surtout après sa mort en 1896. Une œuvre jugée par certains monotone ou par trop croyante (à la manière de cathédrales inertes, sortes de manifestes de zen catholique) : « J’y constate une fausse langueur qui s'étire, une fausse sensibilité qui larmoie, d'immenses rabâchages dans les développements qui m’assomment » écrivit Darius Milhaud.

Vous vous souvenez d’Aimez-vous Brahms ? de Françoise Sagan où il est moins question de musique que d’amour, c’est un peu l’inverse avec Bruckner : il est beaucoup question de musique et pas assez d’amour pour ses détracteurs qui ont vu dans ses neufs symphonies des formes répétées, du sous-Beethoven sous influence wagnerienne, mais tout de même, ne serait-ce qu’à entendre le finale de cette septième symphonie…

Finale : bewegt, doch nicht schnell (animé mais pas rapide)

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L’orchestre Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm laissent rarement indifférent, en septembre 2016 alors qu’ils jouaient Mozart et Bruckner à la Philharmonie de Paris un critique publiait cette longue analyse détaillée : « Se convertir à Bruckner. Continuer à maudire Barenboim. »

Je vous laisse le lire mais surtout vous plonger dans cette intégrale des symphonies d’Anton Bruckner par le Staatskapelle Berlin et Daniel Barenboïm, (qui visiblement tient à ces symphonies de Bruckner puisque c’est là sa troisième intégrale après les avoir gravées avec le Chicago Symphony Orchestra puis avec le Philharmonique de Berlin). Comme le soulignait un critique du journal La Vie (qui n’a pas forcément qu’une lecture chrétienne de l'œuvre) il serait délicat d'entrer ici dans les querelles de spécialistes pour « discuter du choix de Barenboïm de faire figurer ou non un coup de cymbales à la mesure X de la symphonie n°7, de faire jouer tel solo par un pupitre entier, d'avoir préféré telle version en y ajoutant les éléments d'une autre. Cela ne dit pas grand chose de l'unité et du souffle qui animent ces enregistrements captés en concert » en l'occurrence à Vienne et à Berlin en 2012 et 2010.

On se quitte avec un court extrait de la symphonie n°4 (en mi bémol majeur) dite « Romantique ». Pour note, la version retenue c’est celle de 1878-1880 edition Leopold Nowak 1974.

Extraits diffusés :

  • Symphonie n°7 en mi majeur - Adagio - sehr feierlich und sehr langsam (très solennel et très lent)
  • Symphonie n° 7 Finale : bewegt, doch nicht schnell (animé mais pas rapide)
  • Symphonie n° 4 en mi bémol majeur dite « Romantique » - Scherzo

Anton Bruckner- The Complete Symphonies. Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm (Deutsche Grammophon)

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