LE DIRECT
André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection)

André Navarra : passeur et passion du violoncelle.

5 min
À retrouver dans l'émission

A la grâce d’un beau coffret édité chez Fondamenta, le fils du violoncelliste rappelle la place d’André Navarra non seulement comme pédagogue, mais surtout comme soliste. Au menu concertos et autres symphonies concertantes de Prokofiev, Lalo, Saint Saëns, Brahms et Bloch.

André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection)
André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection) Crédits : Photo : collection particulière de Michel Navarra

Un violoncelle en liberté dans la Symphonie concertante de Prokofiev, et ce coup d’archet si particulier c’est celui d’André Navarra, disparu en 1988 (l’enregistrement que vous entendez ici date de 1965, tellement bien 'remasterisé' qu’on en perd parfois les repères temporels).

Né à Biarritz, formé à Toulouse, André Navarra sera entre 1949 et 1979 un des grands professeurs du Conservatoire national de Paris, formant plusieurs générations de violoncellistes dont Philippe Muller, Roland Pidoux et Frédéric Lodéon qui se souvient des consignes d’engagement de son professeur qui le trouvait trop mou chez Katchatourian : « Vas-y à fond, casse ton archet je t’en achèterai un autre ! ».

Si le label Fondamenta consacre un coffret plein d’inédits à André Navarra, c’est pour rappeler que, s’il y a eu d’autres grands violoncellistes à ses côtés (la génération de Paul Tortelier et Maurice Gendron tout de même) André Navarra n’a pas été seulement un professeur prodigue mais aussi un soliste de premier plan. Et un homme de convictions, un passionné du son, un croyant même à en juger par son interprétation de Schelomo, Rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre de Ernest Bloch. Les notes du coffret nous rappellent qu’André Navarra expliquait à ses élèves que l’on devait y voir « le déroulement de la vie du prophète. Au terme de mille et une tentations, la voix de Salomon seule se détachera du chaos, plus grave que jamais, et le violoncelle prophète répètera une dernière fois la sentence : « Vanités des vanités, tout n’est que vanité et poursuite du vent ».

Autre point fort de ce coffret consacré à André Navarra : ses collaborations avec différents grands chefs (dont Charles Munch ou Pierre Dervaux) on retient ici surtout sa relation avec Karel Anĉerl et l’Orchestre Philharmonique Tchèque. Ecoutez les par exemple chez Brahms, avec en dueliste le violon de Josef Suk. Eblouissant.

André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection)
André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection)

Extraits diffusés :

  • Serguei Prokofiev : Symphonie concertante en mi mineur pour violoncelle et orchestre, op. 125 - Allegretto. Karel Anĉerl et l’Orchestre Philharmonique Tchèque. Enr. 1965 à Prague
  • Ernest Bloch : Schelomo, Rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre. Karel Anĉerl et l’Orchestre Philharmonique Tchèque. Enr. 1964 à Prague
  • Johannes Brahms : Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre op.102 – Vivace non troppo. Joseph Suk (violon) – Karel Anĉerl et l’Orchestre Philharmonique Tchèque. Enr. 1963 à la maison des Artistes de Prague

André Navarra – The Cello (label Fondamenta / Phoenix collection)

L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......