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Anna Netrebko « Verismo » (Deutsche Grammophon)

Anna Netrebko, very vériste

5 min
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La star lyrique met toute l’évolution de sa voix au service du répertoire vériste… et de Puccini. En attendant Aïda.

Anna Netrebko « Verismo » (Deutsche Grammophon)
Anna Netrebko « Verismo » (Deutsche Grammophon) Crédits : Photos ©Harald Hoffmann / Composition graphique ©Dirk Rudolph

« Voilà, je respire à peine... » vous connaissez peut-être les mots d’Adrianna Lecouvreur (acte 1 de l’opéra du même nom) comme une profession de foi de comédienne : « Je suis l’humble servante du Génie créateur : il m’offre la parole, et moi je la répands vers le cœur… Je suis l’accent du vers, l’écho du drame humain, le fragile instrument vassal de la main. Douce, gaie, atroce, je me nomme Fidélité : ma voix est un souffle qui mourra au jour nouveau » (livret tiré de la pièce d’Eugène Scribe)

On comprend qu’Anna Netrebko, star lyrique Russe (au passeport Autrichien depuis 2006), comédienne soucieuse de ses rôles comme des mises en scène dans lesquelles elle intervient ait choisi cet air précis pour ouvrir son nouveau disque qui paraît demain : « Verismo » avec l’Orchestre de l’Académie Santa Cecilia de Rome, sous la direction d’Antonio Pappano.

Anna Netrebko « Verismo » (Deutsche Grammophon)
Anna Netrebko « Verismo » (Deutsche Grammophon) Crédits : Photos ©Harald Hoffmann / Composition graphique ©Dirk Rudolph

Anna Netrebko aborde ici des opéras comme La Gioconda de Ponchielli, Pagliacci de Leoncavallo, bref tout ce qu’on a appelé le mouvement vériste. Et figure ici en bonne place Puccini (les airs de Tosca, Turandot, Madame Butterfly) et surtout, surtout, Manon Lescaut…

« Verismo » : ce mouvement italien de la fin du XIXème siècle, inspiré du naturalisme français, qui – du côté de la musique – s’est traduit par une volonté de laisser de côté les sujets mythologiques pour s'intéresser à des drames réalistes, où les héros viennent de classes plus modestes. Telle Manon Lescaut, tentée par l’argent et la luxure mais sauvée par l’amour dans son dernier souffle : « Seule, perdue, abandonnée ».

Changement de répertoire pour une voix qui semble depuis quelques temps gagner en étendue, tout comme sa silhouette (elle en parle volontiers). Anna Netrebko qui, à 45 ans confiait au journal La Croix « Ma voix a considérablement changé (…) aujourd’hui, elle appelle des rôles beaucoup plus lourds et dramatiques que ceux des fraîches héroïnes avec qui j’ai fait mes premières armes. Avec mon grain vocal, mon âge et mon physique, je ne serais plus du tout crédible, ni face au public ni face à moi-même, en sémillante Suzanne – dans Les Noces de Figaro de Mozart – ou en tendre Juliette dans les bras de ­Roméo ! ».

Dont acte avec Mefistofele de Boito, où Marguerite se désespère en prison, accusée d’avoir empoisonné sa mère et noyé son enfant. Il faut enfin prêter une attention particulière à la plage 10, où Netrebko surpasse ce que l’on imaginait d’elle dans l’air de Turandot « In questa reggia… » « Dans ce palais (…) retentit un cri de désespoir ». Tout est dit.

Extraits diffusés :

  1. Francesco Cilèa (1866 - 1950) : Adriana Lecouvreur Acte 1 : « Ecco: respiro appena ... Io son l'umile ancella »
  2. Giacomo Puccini (1858 - 1924) Manon Lescaut Acte 4 : « Sola perduta, abbandonata »
  3. Arrigo Boïto (1842 - 1918) Mefistofele Acte 3 : « L'altra notte in fondo al mare »

Anna Netrebko, Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Antonio Pappano « Verismo » (Deutsche Grammophon) sortie le 2 septembre 2016

Concerts : Philharmonie de Paris février 2017 / Opéra Bastille, mai 2017 (Eugene Onéguine).

Avant cela France Musique consacrera une journée spéciale Anna Netrebko le 12 septembre prochain.

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