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Tenebrae

Another very english Christmas

5 min
À retrouver dans l'émission

Un ensemble vocal britannique chante Shakespeare ou Byron sur des homophonies d’hier et d’aujourd’hui, et parfois oubliées.

Tenebrae
Tenebrae

par Etienne Menu

Herbert Murrill : “O Mistress Mine”

“O Mistress Mine”, une chanson du bouffon shakespearien Feste dans La Nuit des Rois, comédie traditionnellement associée à l’Épiphanie mais qui, avouons-le, convient aussi très bien à Noël. En cette année 2016 qui célébrait les quatre cents ans de la mort de Shakespeare, l’ensemble Tenebrae lui a consacré une partie de son nouveau CD Music of the Spheres – Part Songs of the British Isles. Ce groupe vocal britannique a choisi d’ouvrir avec une très belle adaptation de Shakespeare par Herbert Murrill, enseignant, homme de radio et compositeur méconnu mort en 1952. Un peu plus loin, on entend Ralph Vaughan Williams, un garçon mieux connu que Murrill, formé par Ravel au début du 20e siècle et qui met ici en musique la chanson “Full Fathom Five”, extraite de La Tempête, dont les cloches sonnent ici comme un doux détournement des Jingle Bells.

Ralph Vaughan Williams : “Full Fathom Five”

L’ensemble britannique Tenebrae est en quinze ans est devenu l’un des noms les plus respectés du monde de la musique vocale. Fondé et dirigé par le chanteur et chef Nigel Short, le groupe a entre autres signé une interprétation unanimement reconnue du Requiem de Fauré en 2012. Les Part-Songs du titre, “chansons à partie” en français, désignent une forme de chant choral profane et homophonique principalement britannique. Sur ce disque, Short a voulu mêler quelques partitions classiques de ce vaste répertoire à d’autres plus confidentielles – il reconnaît d’ailleurs en avoir lui-même découvert un nombre incalculable au cours de ces recherches. Tel un curateur d’exposition musicale, il fait coexister des compositeurs nés à la fin du XIX siècle – Vaughan Williams et Murrill donc, mais aussi Edward Elgar ou Ernst Walker – et des créateurs contemporains comme Jonathan Harvey, Bob Chilcott ou Judith Bingham, dont la pièce “The Drowned Lovers”, les amants noyés, si elle invoque moins l’esprit de Noël, reste sans doute l’un des plus beaux moments du disque.

Judith Bingham : “The Drowned Lovers”

Composition signée Judith Bingham, texte aussi, même s’il emprunte au passage à Coleridge. On retrouve aussi des poèmes de Byron ou Whitman sur cet album qui par ailleurs offre à entendre des pièces presque pop, qui rappellent les harmonies vocales des Zombies ou des Beach Boys, et en tout cas très accessibles à des novices de la musique vocale dite classique. Tenebrae incarne bien cette att itude décomplexée des jeunes musiciens anglais, qui n’hésitent plus aujourd’hui à passer d’un répertoire médiéval à des pièces écrites par des compositeurs à peine sortis du conservatoire, ou à collaborer avec des rockeurs ou des DJ. On rappellera au passage que Tenebrae a signé l’an dernier un disque proprement consacré à Noël, qui s’appelait A Very English Christmas, qu’on pourra toujours glisser demain soir sous le sapin avec celui-ci. Un très beau Noël à tous.

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