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Archie Shepp - Blasé (Actuel n°18 label BYG records)

Jean Karakos, dernière danse

5 min
À retrouver dans l'émission

Producteur et éditeur de jazz, de hip-hop, passionné de musiques du monde depuis les années 60 où il débuta, Jean Karakos, fondateur des labels BYG Records et Celluloïd est mort dimanche. Retour sur quelques étapes de celui qui fut, aussi, l’homme de la Lambada.

Archie Shepp - Blasé (Actuel n°18 label BYG records)
Archie Shepp - Blasé (Actuel n°18 label BYG records)

Vous aviez peut-être appris jeudi dernier, la disparition de Loalwa Braz Vieira, chanteuse du groupe Kaoma et interprète de la célèbre Lambada sur laquelle on a dansé dans plus de 100 pays en 1989, un disque qui s'est vendu à plus 15 millions d'exemplaires. Derrière cette libre adaptation de ce qui à l'origine était un titre bolivien (composé en 1981 par le groupe Los Kjarkas) "Llorando se fue" (elle est partie en pleurant) : un producteur dont on a appris la disparition hier, Jean Karakos. (On ne reviendra pas ici sur l’histoire des droits d’auteur de La Lambada qui mériterai à elle seule une chronique entière et qui a d’ailleurs occupé plusieurs années de la vie de Jean Karakos).

L'histoire de ce producteur, éditeur et libre penseur mérite à plus d'un titre d'être racontée, parce que Jean Karakos aura produit l’une des plus belles collections de free-jazz, édité nombre d’artistes de « world music » comme on disait dans les années 80 tels que Fela, Youssou N’dour ou Mory Kanté, il aura même édité avec le label Tapioca le premier 45 tours d'un groupe de rock français qui aura son petit succès : Téléphone !

Mais un des moments important de la carrière de Jean Karakos tient à son installation à New York en septembre 1980 où il croise Bernard Zekri et Bill Laswell. Ensemble ils initient quelques années plus tard la rencontre entre deux grands acteurs du punk et du hip-hop : l’ex chanteur de Sex Pistols et rien de moins qu’Afrika Bambaataa

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Ceci pour vous donner un très court aperçu de la carrière de producteur et éditeur Jean Karakos qui, avec son label Celluloïd va accompagner un nombre incroyable de révolutions sonores, du rap jusque dans une pop synthétique comme celle de Mathématiques Modernes ou Jacno en France. Il suffit de jeter un coup d’œil à la discographie de Celluloïd, on en aurait presque le vertige (Afrika Bambaataa, Richard Hell, Soft Cell, Can, Suicide…) Il fait aussi enregistrer un de ses premiers morceaux à Whitney Houston ("Memories" projet MATERIAL avec Archie Shepp (Celluloid, 1982)

En quelques mots, quelques étapes de parcours : né en Bretagne, Jean Georgakarakos, fils d'immigrés grecs, raccourci son nom quand il se lance dans la musique à 20 ans après avoir rencontré des musiciens cubains (nous sommes en 1960). Il monte le label Star Success et lance la mode de la Pachanga (on retrouvera cette idée de la musique accompagnée d’une danse plus tard avec la Lambada mais aussi avec le hip-hop). En 1964 il s'associe à Jean-Luc Young et fonde BYG Records qui avec Actuel et Jean-François Bizot éditera un des plus beaux catalogues de jazz contemporain (free-jazz et surtout jazz politique : Archie Shepp mais aussi Gong, Art Ensemble Of Chicago, Don Cherry, Anthony Braxton, Sun Ra…)

Son premier coup d’éditeur sera, alors que le grand public aux Etats-Unis est en train de s'équiper en stereo, d'acheter des stocks de disques mono invendus et de les écouler dans son réseau de magasins. Il organise aussi un festival en Belgique, deux mois après Woodstock (fin octobre 1969) réunissant Franck Zappa, Pink Floyd, le GRM… qui le ruine mais lui permet de rencontrer Bizot. Alors apprendre la disparition de Jean Karakos ou celle de Jaki Liebezeit (batteur du groupe Can) il y a deux jours, on est un peu, comme ce refrain que chantait Jeanne Lee aux côté d’Archie Shepp : "Blasé"

extraits diffusés :

  • Kaoma : La Lambada
  • Téléphone! : Metro (c'est trop)
  • Mathématique Modernes : Disco Rough
  • Time Zone : World Destruction (1984) Afrika Bambaataa, John Lydon, Bill Laswell
  • Archie Shepp : Blasé

A retrouver sur Gallica plusieurs longs entretiens réalisés à la BNF en 2013 avec Jean Karakos

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