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« Les Choses que l’on ne dit à personne » (Tricatel)

Bertrand Burgalat par lui même

5 min
À retrouver dans l'émission

Avec « Les choses qu’on ne peut dire à personne » le producteur, chanteur, arrangeur et esthète signe son disque le plus personnel à ce jour (enfin suppose-t-on). Plus qu’un disque de confession, portrait de l’artiste par lui-même.

« Les Choses que l’on ne dit à personne » (Tricatel)
« Les Choses que l’on ne dit à personne » (Tricatel) Crédits : Portrait de Bertrand Burgalat : peinture de Guillaume Pinard

De l’effet de réel,au départ d’un train, à une féérie de synthèse, comme au ralenti… « Crescendo » c’est l’ouverture du nouvel et 7ème album solo de Bertrand Burgalat : « Les choses qu’on ne peut dire à personne ». Le titre dit toute l’intimité du propos « l'épreuve où l’on s'est trouvé lâche et les tristes courages qu'on cache, on n'oublie ni ne se pardonne les choses qu'on ne peut dire à personne »

(paroles de Laurent Chalumeau) Il y a aussi des chansons sans paroles comme celle-ci « E l’ora de l’Azione » : voici venue l’heure de l’action, l’heure de prendre des mesures… Indice d’un disque politique ? sans doute, en dépit des apparences.

Bertrand Burgalat, fondateur du label Tricatel, créé en 1995, s’est imposé la fois comme producteur, arrangeur, compositeur... il a édité Chassol, Valérie Lemercier, Michel Houellebecq, monté un des meilleurs groupes de scène et de studio à ses côtés, AS Dragon. Et n’est pas seulement un indépendant farouche : il est aussi vice-président du Snep (principal syndicat des producteurs, affilié au MEDEF, présidé par le président de Sony Stéphane Le Tavernier), codirecteur de la collection Actes Sud Rocks…

Burgalat ou le "magicien d’Ose" comme l'écrit Marie-Dominique Lelièvre dans la préface du disque qui salue celui qu'on croit musicien quand il est cinéaste, (…) dans sa musette "un stylo à insuline" - elle fait référence à « Diabétiquement vôtre » (Calmann-Levy, 2015) un livre qui évoquait son rapport à cette maladie qui failli lui faire perdre la vue, sur les formes de diabète, sur le rapport aux médecins et à différentes manières de contrôler sa glycémie. Pour en revenir au disque et à ce que dit Burgalat ici, il apparaît à la fois hors sol, et plus solide, proustien même par moment quand il chante la « Diagonale du vide » : aucune ville aux environs, aucune voile à l’horizon, j’entends sonner les cloches d’un clocher disparu… »

( paroles de Matthias Debureaux )

Vous entendrez ici des steel drum qui pourraient donner des accents de Calypso, mais non, il y a aussi dans cet album (en plus des basses, batterie, clavier) un pedal steel qui pourrait tirer vers la country, mais encore non. Reste avant tout cette voix de Bertrand Burgalat, qui chante doucement et d'un accent presque étrange, "comme la prof dans les clips de Van Halen" dit-il avec le sourire : comme ces femmes au cinéma à qui on met des lunettes pour simuler la laideur, Jusqu'au moment où les lunettes tombent et où elles deviennent ce qu'elles ont toujours été. Belles et désirables. Ce qu’on entend surtout – et ce qui fait le prix de cet enregistrement – ce sont des chansons comme L'enfant sur la banquette arrière, parole et musique et Bertrand Burgalat : et toi que fais tu ? A ceux qui goutaient déjà le beau « Portrait Robot » (paru en 2005) voici le tableau de l’artiste par lui-même.

P.S : La toile en couverture est signée Guillaume Pinard

Extraits diffusés :

  • Crescendo (musique B.Burgalat)
  • El ora dell azione (musique B.Burgalat)
  • Diagonale du vide (paroles : Matthias Debureaux / musique B.Burgalat)
  • L'enfant sur la banquette arrière (paroles et musique B.Burgalat)

Concert le 2 juin 2017 à La Maroquinerie à Paris,

Bertrand Burgalat qui sera l’invité de la Grande table sur France Culture vendredi 26 mai 2017

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