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Frank Ocean - Blond (Boys Don't Cry)

'Blond' ou le nuancier Frank Ocean

6 min
À retrouver dans l'émission

Après Channel Orange, le chanteur publie ‘Blond’ un disque plein de rose et de blanc, avec les cheveux verts. Ecoute

Frank Ocean - Blond (Boys Don't Cry)
Frank Ocean - Blond (Boys Don't Cry)

Une entrée en voix d’hélium pour le deuxième album de l’américain Frank Ocean, paru il y a 10 jours tout juste, et qui suscite depuis des torrents de réactions sur les réseaux sociaux. Retour d’abord sur ces derniers mots qu’on vient d’entendre :

"RIP Trayvon, that nigga look just like me” (Paix à Trayvon, ce mec me ressemble). La référence à Trayvon, cet adolescent de 17 ans abattu en Floride par un gardien, à l'origine de l’affaire Trayvon Martin qui a secoué les États-Unis et la communauté afro-américaine depuis en 2012, c'est peut-être le geste le plus politique de ce disque « Blond ». Album riche et paradoxal, qui parle plutôt des peines intimes que de politique.

Plus loin dans ce même morceau il est question de tentations et de contradictions « Je suis le plus jeune, mais c’est moi qui veillerai sur toi, Pas d’amour entre nous, mais je te ferai l'amour ». http://genius.com/10262067

Contradiction et confusion de genres entretenus jusque dans le titre de l’album : « Blond » sans E pour le disque numérique, mais avec un E dans sa version physique. Contrepied encore puisque le chanteur apparaît les cheveux verts. Après « Channel Orange » le chanteur déploie toutes ses couleurs ici « Pink White » : Rose et blanc.

« Blond », souvent annoncé parait enfin, quatre ans après « Channel Orange »

Hier sur les réseaux sociaux beaucoup se sont amusés à remarquer que le feuilleton "Macron démissionne" était une sorte de "Frank Ocean sort son album" pour les journalistes politiques.

Longtemps attendu donc, ces nouvelles chansons de Frank Ocean sont apparues d’un seul coup à la fin du mois d’août : d’abord avec un album visuel (une vidéo avec 45 minutes de musiques intitulée “Endless” où l'on le voyait dans un studio construire un escalier en colimaçon) ; deux jours plus tard, le 20 août sortait un autre album “Blond”, visiblement le précédent était surtout une façon d'honorer et de mettre un terme à son contrat avec sa maison de disque). Surproduction oblige, Frank Ocean publiait aussi des listes de films et de disques qu’il aimait, et offrait deux versions physique différentes avec un magazine papier de 300 pages, bref l’éparpillement total ce qui a pu en agacer certain, au risque de passer à côté un objet sonore très singulier, à la fois enflé et dépouillé par moment, sophistiqué mais simple, sans véritable morceaux dansant ni tube évident.

Frank Ocean sur son fil Twitter : "“I got two versions. I got twooo versions…”
Frank Ocean sur son fil Twitter : "“I got two versions. I got twooo versions…”

Frank Ocean joue de tout et se paie le luxe de quelques citations des Beatles ou d’Eliott Smith ("A Fond Farewell" d'Elliott Smith dans sa chanson "Seigfried" ou encore "Here, There and Everywhere" des Beatles dans White Ferrari). On se quitte sur autre couleur : White Ferrari aux airs Princier.

extraits diffusés :

Nikes

Pink White

White Ferrari

Frank Ocean “Blond” (Boys Don’t Cry)

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