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Erroll Garner "Ready Take One" (Sony)

Erroll Garner inédits et blagues de studios

5 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la parution en septembre dernier de quelques inédits d’Erroll Garner "Ready Take One" retour sur le unique d’un pianiste qui aimait chanter par dessus le clavier.

Erroll Garner "Ready Take One" (Sony)
Erroll Garner "Ready Take One" (Sony)

« High Wire » ou le fil suspendu d'Erroll Garner, si le pianiste est disparu en 1977, il réserve encore quelques surprises à l'image de cette composition inédite qui paraît dans ce disque rouge « Ready Take One ».On avait parlé ici de la réédition augmentée du fameux « Concert by The Sea » de 1955 (un des disques concerts de jazz les plus vendus au monde) ; ce sont d'autres pièces jusqu’ici inconnues qui viennent nourrir ce disque, des enregistrements de studio réalisés entre 1967 et 1971 qui visiblement ont passé près de 50 ans sur disques acétate avant qu’ils ne soient découverts et restaurés.

On sait l’importance du public, des interactions, pour Erroll Garner : ici ces captations de studio s’avèrent particulièrement vivantes, on l’entend discuter ou piaffer avec les autres musiciens ici Jimmie Smith à la batterie, Ernest McCarty à la contrebasse et Jose Mangual aux congas. Mais l’autre personne avec qui Erroll Garner échange beaucoup dans ces enregistrements, c’est Martha Glaser, sa manageuse et productrice, qui leur parle de l’autre côté de la vitre depuis la régie… Ready Take One, prêt ? première prise…

I’m Confessin’ (That I Love You) : morceau associé à Fats Waller qu’Erroll Garner s’approprie ici. On retrouve dans ce disque des compositions d’Erroll Garner (son classique Misty, des inédits on l’on déjà dit) mais aussi des lectures de standards comme « Night and Day » de Cole Porter, « Caravan » de Duke Ellington ou « Sunny » où l’on a l’impression d’entendre Erroll Garner chanter les paroles par dessus le clavier.

On a beaucoup parlé de l’impact du jeu d’Erroll garner qui a influencé des générations de pianistes, du léger décalage rythmique entre les deux mains, de l'irréversible retard de la main droite, les accords de la main gauche… Et de son incapacité à lire les partitions. Correction et contexte par Francis Marmande : « Franchement, ça ne tient pas bien longtemps, cette histoire de non-savoir, de savoir lire, quand on a ce savoir-faire. Disons plus simplement qu’il saute l’étape de la partition. Elle ne lui est pas nécessaire. Il a tous les jours assez à faire à réinventer de toutes pièces ce qu’il connaît déjà sans l’apprendre, pour la lire. (…) La doublure de ce savoir, c’est une mémoire des styles qui fait de Garner un conservateur de génie. Il recueille. Il change. Et il transmet. »

Ce qui frappe surtout ici c’est la variété de sons que Garner fait sortir du piano au cours du même morceau, parfois très sec, métallique sur les attaques et après un roulement de batterie d’un coup tout en rondeur, en légèreté… Alors puisqu'après la Toussaint viendra mercredi le jour des morts petite anticipation avec cette épitaphe inscrite sur la tombe d'Erroll Garner (1921-1977)« He gave himself unselfishly » : il s'est livré généreusement.

extraits diffusés :

  • High Wire (Erroll Garner - inédit)
  • I’m Confessin’ (That I Love You) (Doc Daugherty, Ellis Reynolds)
  • I Want To Be Happy (Irving Caesar)

Erroll Garner "Ready Take One" (Sony)

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