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Humanz - Gorillaz (Warner Music)

Gorillaz et l’humanitéz

5 min
À retrouver dans l'émission

Le groupe animé -à tout point de vue- par Damon Albarn et Jamie Hewlett livre un cinquième album dispersé, épuisé.

Humanz - Gorillaz (Warner Music)
Humanz - Gorillaz (Warner Music) Crédits : Jamie Hewlett

Le 5ème album de Gorillaz est déjà sorti il y a plus d'une semaine. Autant dire une éternité au regard de la musique écoutée et vendue en ligne aujourd’hui. Qui s’en souviendra dans un mois ? se demande-t-on à l’écoute de ce cinquième effort. Pour rappel Gorillaz c’est ce groupe (anglais mais pas seulement) qui s’écoute et se regarde puisqu’il est incarné par des personnages animés et composé dans la réalité de Damon Albarn, l’ex-chanteur de Blur et du dessinateur Jamie Hewlett. Comme toujours chez Gorillaz il y a pléthore d'invités : De La Soul, Grace Jones (que vous entendiez ici en « fantôme provocateur » selon ses mots), Jean-Michel Jarre, Noël Gallagher même, l’ex-guitarite d’Oasis, rendez-vous compte même eux finissent par se rassembler

On vit dans une époque complexe, très divisée et Gorillaz, c’est tout le contraire, on parle d'unité, Gorillaz c'est monter combien de personnes différentes l'on peut réunir dans un même espace

confiait récemment Damon Albarn à la presse française (le Parisien en l’occurrence).

Finalement de plain pied avec la recomposition politique française « on parle de métamorphose, de transformation, de comment nos comportements changent » Damon Albarn définit cet album HUMANZ comme un « pamphlet contre l'argent roi, l'extrémisme, le terrorisme »… On demande tout de même qui aujourd'hui ferait un album pour chanter les vertus du fondamentalisme… Au passage les fans qui ont vu le prix des places doubler depuis leur dernière tournée nuancent sans doute aussi la première partie du propos.

Mais l’ironie se glisse aussi dans les interstices… voir l’Interlude: The Non-Conformist Oath : « Je promets d’être différent, d’être unique, de ne pas répéter ce que les autres disent… » un de ces interludes qui font vivre ce disque assez dense de Gorillaz (26 pistes sans compter les bonus) où le groupe essaie d'embrasser le plus grand nombre de styles : du dancehall (avec Popcaan) du rap auto-tune, de la pop légère, des ballades tristes comme sait si bien les chanter Damon Albarn (Busted and Blue) de la house... Vous voici comme dans un spectacle de Music Hall où s’enchainent les numéros, avec des illusions d’optique (je vous encourage à aller voir les films qui accompagnent la musique sur leur site ), de la danse, des humoristes… et des apparitions plus ou moins réussies. Le morceau qu’on entend ici est porté de bout en bout par Vince Staples, le rappeur californien (né en 1993) qui évoque à la fois le ciel qui s'effondre et l'incapacité à s'élever (avec un jeu de mot plus trivial sur un fessier qui lui aussi doit s'écraser) : «The sky is falling, baby. Drop that ass ’fore it crash (higher)» On se quitte avec une variation mythologique : Andromède ou celle "qui a l’esprit plein de bravoure" comme le veut son nom grec.

extraits diffusés :

  • Charger (feat. Grace Jones)
  • Interlude: The Non-Conformist Oath / Ascension (feat. Vince Staples)
  • Andromeda (feat. D.R.A.M.)

Humanz - Gorillaz (Warner Music)

Concerts : 24 et 25 novembre 2017 Paris (Zénith)

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