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Kadhja Bonet - The Visitor (Fat Possum)

Kadhja Bonet : le miel et les oreilles

5 min
À retrouver dans l'émission

La chanteuse américaine publie un premier album dont le miel, et particulièrement le titre « Honeycomb », provoque l’enchantement. A la manière de La La Land, ce ravissement est-il le signe d’un art inoffensif ?

Kadhja Bonet - The Visitor (Fat Possum)
Kadhja Bonet - The Visitor (Fat Possum)

Honeycomb ou les alvéoles de la ruche, et tout le miel ici vous l’entendez vient de la voix d’une certaine Kadhja Bonet. Une jeune chanteuse américaine dont on parle beaucoup et qui ravi – en tout cas dès la première écoute, saisissante…

Kadhja Bonet a 28 ans, est née en Californie, a fait des études de violon… et c'est à peu près tout ce que l'on sait d'elle. La chanteuse entretient un certain mystère. Sauf si vous allez lire le long portrait et entretien qui était publié dès juin dernier dans Les Jours : Sophian Fanen l’a rencontré et nous apprend que son père était chanteur d'opéra, qu’elle a été élevée en écoutant Chostakovitch et les 400 ans de musiques qui précèdent mais pas ou peu de choses contemporaines. Qu'elle arrive tard à la musique et qu’elle ne manque pas de caractère : « on est élevées de manière à ce que notre voix ne dépasse jamais celle d’un homme, à ce qu’on soit obligées de demander le droit de penser par soi-même » à lire dans Les Jours ce portrait d'une musicienne exigeante et soucieuse du contrôle de sa musique.

La voix de Kadhja Bonet en évoque immédiatement d’autres et l'on songe en l’écoutant Minnie Riperton (pour la douceur sucrée du légendaire « Loving You »)

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ou encore Bobbie Gentry pour ses qualités de souffle (on ne saurait trop recommander « Jessye' Lisabeth » et plus largement tout l'album The Delta Sweete).

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Qualités de concentration manifeste chez Kadhja Bonet puisqu’on retient aussi son souffle par moment, notamment au coeur de « Nobody Other ». Personne d’autre que Kadhja Bonet à la manœuvre dans cet album qu'elle a entièrement produit, enregistrant toutes les cordes, guitare et partie vocales, signant paroles et musiques, à l'exception d'une adaptation qu'elle propose à partir d'une composition de Jaco Pastorius et de cette reprise de Milton Nascimento «Francisco » avec ces effets de progression subtils…

Autre aspect de cet album de Kadhja Bonet, quasi-parfait en tout cas dans sa première partie, avec en ouverture un titre où elle ne chante pas mais où brille tout son talent de synthèse (pas uniquement rétro) entre hip-hop, cordes et chœurs entêtants, flûte traversière... Si certains y voient une « volupté ensorceleuse » reste qu'on s'interroge quand tout semble résister à la moindre critique, sur un objet aussi parfaitement doux et agréable, dont on se demande s'il est aussi parfaitement inoffensif, à l'image de la comédie musicale La La Land qui tombe à point nommé comme pour nous faire oublier Trump Land. On se quitte sur ces derniers mots japonais glissés par Kadhja Bonet « Ah Sakura mono no aware » Ah Fleur de cerisier, empathie pour l’éphémère…

Extraits diffusés :

  • Honeycomb
  • Nobody Other / Francisco
  • Fairweather Friend

The Visitor (Fat Possum)

Concert le 1er mars 2017 à la Boule Noire à Paris

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