LE DIRECT
« Quand on arrive en ville » (Plamondon-Berger) par Fhin (Délicieuse Music)

Reprendre c’est voler ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Quand s’autoriser à écrire ou réécrire à la manière de ? Trois exemples de chansons reprises ou inspirées dans l’actualité musicale, avec Fihn et "Quand on arrive en ville", Halo Maud et le Grand orchestre du Tricot qui rend hommage à Lucienne Boyer.

« Quand on arrive en ville » (Plamondon-Berger) par Fhin (Délicieuse Music)
« Quand on arrive en ville » (Plamondon-Berger) par Fhin (Délicieuse Music) Crédits : visuel : Quentin Deronzier

« Quand on arrive en ville » (Luc Plamondon et Michel Berger) ce n’est plus Daniel Balavoine qui chante mais un certain Fhin (ajoutez un H au mot Fin). Vous apprécierez l’usage « raisonné » de l’auto-tune sur la voix, mesuré juste ce qu’il faut pour jouer de la mélancolie de l’effet. Est-ce que reprendre c’est voler ?

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

« Quand on arrive en ville » interprété en 2017 par Fhin. Il a 23 ou 24 ans, il n’était pas du tout né à la création de Starmania (1978), c’est peut-être la raison pour laquelle il se sent assez à distance pour le reprendre.

Quand est-ce qu’on s’autorise à écrire ou réécrire, et qu’est-ce qui est finalement le plus risqué ? Question posée ce matin. Cette question, sans doute Maud Nadal alias Halo Maud, se la pose-t-elle aussi. Après avoir accompagné d’autres musiciens, elle sort son propre EP (trois titres). Si sa voix évoque Jane Birkin, Halo Maud, elle, écrit sa musique, et ses paroles. Je vous laisse écouter mais vous verrez qu'il s'agit aussi de se demander si l'on peut penser à soi ou autres quand on écrit. Elle cite d'ailleurs ce mot d'auteur :

« écrire c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait » (Marguerite Duras)

(pour redonner un peu le contexte : « C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien. On peut parler d’une maladie de l’écrit.(…) Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait -on ne le sait qu’après- avant, c’est la question la plus dangereuse que l’on puisse se poser. Mais c’est la plus courante aussi. L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit et ça passe commerien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie."

Extrait d’Ecrire de Marguerite Duras (Neauphle-le-Château, 1993)

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

« Et tout ce temps qui défile, c’est trop lourd et quand j’y pense, c’est comme dans un désert. J’apprends la patience, et le sens des choses, pour qu’un jour enfin il suffise de croire que moi aussi j’ai du pouvoir. Tout est facile à qui sait le vouloir. Mais pendant que tout arrive, moi je vais au hasard » (Maud Nadal extrait de Du Pouvoir)

Revenons à une autre reprise, et une autre prise de risque : le Grand orchestre du Tricot, formation jazz inattendue dans le répertoire auquel elle choisit de rendre hommage : celui Lucienne Boyer. Figure de la chanson populaire de l’entre-deux guerres, Lucienne Boyer reste surtout connue comme l'interprète de « Parlez-moi d'Amour ». La chanson de Jean Lenoir qui en 1931 sera saluée partout (traduite dans 37 langues paraît-il) reprise par Juliette Gréco, Marie Laforêt, Nana Mouskouri, Patachou, Serge Reggiani, Colette Renard, Patrick Bruel même sans oublier Dalida… Pourquoi je vous fais une liste de chanteurs français c'est aussi pour saluer Hélène Hazéra, la mémoire vivante de la chanson qui arrêtera l'émission Chanson Boum ce vendredi à 23h, après 12 ans de paroles et musiques sur France Culture. Elle prépare un florilège (soyez au poste vendredi 23h). Peut-être que cette reprise de Lucienne Boyer lui plaira : Youp Youp (paroles et musiques : Vincent Scotto, arrangements : Valentin Ceccaldi)

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

extraits diffusés :

  • « Quand on arrive en ville » (Plamondon-Berger) par Fhin (Single édité chez Délicieuse Music)
  • « Du Pouvoir » (Maud Nadal) par Halo Maud : EP Du Pouvoir (écoute/achat Bandcamp)
  • « Youp Youp » (Scotto) par Le Grand Orchestre du Tricot : Tribute to Lucienne Boyer (Tricollectif) concert le 27 juillet 2017 aux Sables d’Olonnes
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......