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Jeffrey Tate lors d'une répétition avec l'orchestre symphonique de Hambourg

Le chef d’orchestre Jeffrey Tate s’en est allé (1943-2017)

5 min
À retrouver dans l'émission

Disparu subitement le week-end dernier, le chef Anglais laisse à 74 ans le souvenir d’une personne aussi élégante que courageuse, doublée d’un musicien d’exception.

Jeffrey Tate lors d'une répétition avec l'orchestre symphonique de Hambourg
Jeffrey Tate lors d'une répétition avec l'orchestre symphonique de Hambourg

Le chef Anglais Sir Jeffrey Tate (il venait d’être anobli) se définissait non pas en créateur mais « re-créateur » comme il aimait le dire. En 2012 il dirigeait pour la première fois un opéra de Stravinsky à Paris, Rake’s Progress. S’il avait déjà dirigé ses ballets, (et cet Apollon musagète* qu’on entend ici) il tenait beaucoup, pour l’Opéra de Paris où il dirigea de nombreuses fois, à ce Rake's Progress. Pour sa musique mais aussi pour son livret, un texte de W. H. Auden qui importait beaucoup pour Jeffrey Tate, dans sa dimension très politique, sa critique du matérialisme, inspirée des peintures de Hogarth. La dimension ouvertement sexuelle de Rake’s Progress ou de Billy Budd (de Britten) n'échappait pas non plus à ce chef qui ne cacha jamais son homosexualité.

C’est un homme de grande culture, et un européen convaincu qui est mort subitement le 2 juin dernier, victime d’une crise cardiaque alors qu’il visitait le musée de l’Academia Carrara, à Bergame (Italie). Celui qui avait été l’assistant de Carlos Kleiber, Georg Solti, Herbert Von Karajan et Pierre Boulez (pour deux créations importantes, d’abord le Ring en 1976 à Bayreuth et en 1979, à Paris, pour la version en trois actes de Lulu d’Alban Berg). Jeffrey Tate se destinait au départ à la médecine (carrière médicale commencée à l’Université de Cambridge, puis à l’Hôpital Saint-Thomas de Londres) mais c’est la musique qui l’emporte. Il commence à diriger à la fin des années 70, souvent invité en ltalie (à la Scala, au théâtre de la Fenice à Venise et à Naples où il était chef titulaire) il a travaillé avec pratiquement tous les plus grands orchestres : le London Symphony Orchestra, le Philarmonique de Berlin, l'Orchestre de Paris, le Boston Symphony Orchestra, le Cleveland Orchestra… il parlait couramment français, italien, allemand, connaissait aussi bien Beckett que les classiques grecs.

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Une vidéo sur You Tube où il répète « Suite On English Folk Tunes : A Time There Was » de Benjamin Britten avec l'orchestre Symphonique de Hambourg donne à voir toute sa connaissance du texte, de la partition et la qualité du rapport qu'il entretient avec les musiciens. Parmi les chanteurs avec lesquels il a collaboré, la soprane Renée Fleming avec qui il enregistrait un disque de récital en 1998 (The Beautiful Voice)

Ceux qui l’ont vu en concert se souviennent de sa silhouette penchée, Jeffrey Tate était né avec une lourde malformation du dos, il se déplaçait lentement et dirigeait depuis une chaise. Comme le rappelle Marie-Aude Roux dans le journal Le Monde, Jeffrey Tate disait volontiers que son handicap « lui avait donné un sentiment de détachement, tout en constatant les effets thérapeutiques de la musique sur son corps, lui dont l’espérance de vie ne devait pas dépasser les cinquante ans. Pour autant, « la musique n’est pas un jardin public où tout le monde, à égalité, peut se refaire une santé. Les guides, les initiateurs sont d’une absolue nécessité. » Jeffrey Tate aura été, sans doute fait partie de ces guides, de ces re-créateurs, on se quitte avec Mozart et le concerto Jeunehomme…

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extraits diffusés :

Archive entretien avec Jeffrey Tate sur France Culture Le RenDez-Vous (du 18/10/2012)

  • Igor Stravinsky : Apollon Musagète, Naissance d Apollon (1er tableau) Disque : concert Jeffrey Tate & Hamburger Symphonike "Divine : Scenes from Gotterdammerung Wagner & Stravinsky label ES-DUR)
  • Joseph Canteloube : Chants d Auvergne, Bailero Disque : Renée Fleming : The Beautiful voice, English Chamber Orchestra, Jeffrey Tate (Decca)
  • Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto n°9 pour piano en Mi bémol Maj K 271 Jeunehomme : Allegro Disque : Mozart par Mitsuko Uchida, The English Chamber Orchestra, Jeffrey Tate (Philips)
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