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 Bob Dylan, Prix Nobel de littérature 2016

Le discours de Dylan pour le Nobel, littérature et nouilles ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Le 4 juin, veille de Pentecôte, pour les amateurs de signes, Bob Dylan livrait finalement un discours à l’académie Nobel. 27 minutes de paroles non pas chantées mais accompagnées de musique, avec un sens certain de la phrase et du phrasé.

 Bob Dylan, Prix Nobel de littérature 2016
Bob Dylan, Prix Nobel de littérature 2016

Mardi matin, François Sureau invité de la matinale de France Culture, réagissant au journal de la culture de Zoé Sfez y voyait « un discours de neuneu (...) un truc de nouilles... comme tout ce que célèbre l’académie Nobel ». Afin d'en juger par vous-même, ce rapide résumé, avec quelques approximations de traduction, d'avance merci de votre indulgence, toute correction sera prise en compte.

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« Quand j’ai reçu le prix Nobel de Littérature, je me suis interrogé sur ce qui reliait vraiment mes chansons à la littérature, j’ai voulu y réfléchir et trouver les liens. Je vais essayer de l’expliquer, et très certainement empruntant quelques détours mais j’espère que ce que je dirai sera utile et réfléchi. Si je devais remonter à l’aube de toute cela, je commencerai par Buddy Holly … il est mort quand j’avais 18 ans et lui en avait 22… »

Et si Dylan parle de Buddy Holly c’est parce que ce rapport à la mort, celle de Buddy Holly ou celles des héros de roman, va traverser toute sa musique et ses lectures : il cite Don Quijote, Ivanhoé, Gullivers, Robinson Crusoe… Mais trois grand livres ressortent, et d’abord Moby Dick.

« Moby Dick est un livre fascinant un livre plein de scènes dramatiques, de dialogues plein de théâtre (…) Le livre exige beaucoup du lecteur (…) Achab la poursuit la baleine à travers les mers du globe mais c’est un but abstrait, rien de concret ou de défini… » Moby Dick, remarque Dylan, c’est plein de références bibliques : Melville mélange les mythes judéo chrétiens, les mythe Hindous, des légendes Anglaises, St George, Hercule et Persée… la mythologie Grecque Mais aussi la phrénologie, différentes théories scientifiques et même une histoire de la marine : « on ne voit que la surface des choses, chacun peut l’interpréter à sa façon ». Bon.

Et Dylan d’évoquer la question de la croyance, du Re-Born, « et tout ceci trouverai une place indirecte dans plusieurs de mes chansons ». L’autre livre qui marque Dylan c’est A l'Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque « un livre où l’on perd son enfance, sa foi dans un monde sensé (…) on est coincé dans un cauchemar : typhus , dysenterie, morphine, fièvre… Outre la diction le phrasé, on remarque que Dylan raconte le livre depuis la première personne, mais du pluriel : Dylan joint l’expérience intime au grand récit collectif et c’est la même chose quand il parle de L’Odyssée récit d’un voyage sans fin, qu’on est tenté de rapprocher de la tournée sans fin de Dylan, avec ses adversaires, ses doutes, ses trahisons et Dylan de conclure ainsi : « Qu’est-ce que ca veut dire ? mes chansons et celles des autres ont été influencées par les mêmes thèmes, qui ont un sens différent, ce qui compte c’est que la chanson vous touche (…) Je n’ai pas besoin de savoir ce qu’une chanson veut dire (…) Dans certains poèmes de John Donne, ce poète et prédicateur du temps de Shakespeare, que j’aime beaucoup, certains vers comme «The Sestos and Abydos of her breasts. Not of two lovers, but two loves, the nests » ne veulent rien dire mais ils sonnent bien, et il faut qu’une chanson sonne bien. Il en revient à la fin de l’Odyssée et à Achille (et non Héraclès) qui règne dans un royaume des morts …

« Et les chansons doivent être vivantes dans le monde des vivants, et les chansons ne sont pas comme de la littérature elles doivent être chantées et non lues, les mots de Shakespeare doivent résonner sur une scène, comme les paroles d’une chanson (…) J’espère que vous pourrez les entendre de cette manière, en concert, ou au disque ou de n’importe quelle façon… J’en reviens à Homère qui dit « chante en moi vieille muse et à travers moi, raconte l’Histoire »

Les temps changent (The Time they are A Changin’) on se quitte avec une autre façon d’entendre Dylan, chanté par Suédois, Peter Von Poehl qui vient de publier un bel album (Sympathetic Magic) et qui sera ce soir en concert au Café de la Danse à Paris.

Extraits diffusés :

  • Discours de Bob Dylan envoyé à l’académie Nobel
  • Listen to me (Harin-Petty) par Buddy Holly (1957)
  • Extraits des musiques de film :
  • Moby Dick de John Huston (1956) composée par Philip Sainton
  • A l’Ouest rien de nouveau, bande annonce du film de Lewis Milestone (1930)
  • The Time they are A Changin’ par Peter Von Poehl (session live sur Ouï FM)
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