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El'Blaszczyk Rock Band Himself - The Quirky Lost Tapes (1993-95) label : Born Bad Records

L’improbable El'Blaszczyk Takie Ouakie du futur antérieur

5 min
À retrouver dans l'émission

Alors qu’en 1995, la plupart des jeunes gens écoutent Nirvana, du rap ou Mylène Farmer, Laurent Blaszczyk lui ne s’intéresse qu’aux années 50 et sort un 45 tours garage bricolé. Ses étranges et improbables musiques font l’objet d’une édition minutieuse chez Born Bad Records.

El'Blaszczyk Rock Band Himself - The Quirky Lost Tapes (1993-95) label : Born Bad Records
El'Blaszczyk Rock Band Himself - The Quirky Lost Tapes (1993-95) label : Born Bad Records

Rudimentaire, archaïque, en décalage avec à peu près tout, vous écoutez El'Blaszczyk, Rock Band Himself (disons brico-rockeur à lui tout seul) sujet d’une réédition aussi tordue que passionnée. Je dis réédition mais il serait plus juste de parler plutôt d’édition car beaucoup de choses restèrent inconnues.

En 1995, alors que la plupart des jeunes gens écoutent Nirvana, du trip-hop, du rap ou Mylène Farmer (ceci n'est pas un jugement de valeur, vérifiez les ventes de l'époque), Laurent Blaszczyk, lui ne s’intéresse qu’aux années 50 et sort un 45 tours : With Girls (vous vous rendez compte un 45 tours en 1995).

Ce jeune homme de la Rochelle considère qu'il n'a rien à faire en 1995 se voit comme téléporté, se passionne pour l'univers médical, scientifique, il invente des objets inutiles (comme le Tapfex ou le Thermolépiex, semelles électriques chauffantes sur piles 9V) réalise des collages, des films, des mises en scènes où il invite sa petite sœur de 13 ans à l’époque, et un copine du voisinage. Et écrit des chansons qui relèvent à la fois de l’héritage de Boris Vian que de Jean-Yanne ou Evariste. Sur le fil, brillantes et futiles, elles révèlent un auteur à la fois sophistiqué et brut.

Si les plus désespérés sont les chants les plus beaux, comme disait Alfred (de Musset), alors sans doute l'oeuvre de réédition que vous tenez dans les mains mérite-t-elle d’être auscultée de près.

Un extrait de « The Quirky Lost Tapes » : traduisons « les improbables bandes perdues 1993-1995 d’El'Blaszczyk

L’homme à la blouse blanche sur la photo en couverture est passionné de sciences et de tout ce qui touche au corps et à ses examens, il se lamente sur sa santé : « J’ai la rougeole, les oreillons, la p’tite vérole, les ganglions, j’ai... pas d’santé » qui rappellera à certain « la rate qui s’dilate » de Gaston Ouvrard. Plutôt déserteur que bon soldat El'Blaszczyk qui (on l’apprend dans les notes du livret) a un temps abandonné toute production musicale pour se concentrer sur d’autres projets. Directeur de la communication chez Areva (si si) il a travaillé à l’archivage du fonds cinématographique d’EDF et a notamment participé à la création du musée de l’Uranium dans le Limousin. (authentique, la preuve ici)

Il revient à la musique et prépare un prochain disque « Rock in the Maquis » en collaboration avec le musée de la Résistance à Limoges. En attendant on peut écouter ces vielles chansons curieuses, comme celle-ci, inspirée d’un personnage à l’origine d’un succès d’édition : l’espion double zéro 7 de Ian Flemming.

extraits diffusés :

  • « Taki Oualqui »
  • « Quand tu m’caresses »
  • « James Bond Girls »

El'Blaszczyk Rock Band Himself - The Quirky Lost Tapes (1993-95) label : Born Bad Records

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