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Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : 2 Sonates de Liszt pour 2 pianos (Melodia)

Liszt inédit et deux pianos face à face

5 min
À retrouver dans l'émission

Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle réalisent le premier enregistrement mondial de la sonate de Liszt transcrite pour deux pianos par son ami Camille Saint-Saëns. Mise en abyme du trait d’union entre deux musiciens.

Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : 2 Sonates de Liszt pour 2 pianos (Melodia)
Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : 2 Sonates de Liszt pour 2 pianos (Melodia) Crédits : Photo : Laurent Bugnet

La sonate en si mineur de Franz Liszt transcrite ici pour deux pianos par Camille Saint-Saëns, un enregistrement qui constitue une première mondiale. On le doit à ses interprètes Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle mais aussi à la B.N.F qui avait bien conservé ce document jamais édité du vivant de Saint-Saëns et qu’une musicologue canadienne, Sabine Teller-Ratner, a eu la bonne idée de faire éditer chez Durand.

Quelle lecture de Liszt au travers de ce que propose Saint-Saëns ? (ce pourrait être régal de psychanalyste : faire Saint-Saëns ou pas) Il n’y a pas, selon les deux pianistes Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle « d’amplification » de la sonate de Liszt ni d’intervention neutre de la part de Saint-Saëns comme l’explique la première « Par masques interposés, il y a là tout un jeu sur les rapports qu’entretiennent la lettre et l’esprit, la création, la réappropriation et la traduction des idées ». La lettre et l’esprit donc, et l’attention nécessaire à quelques qualités d’écoute et de toucher lorsque l’on joue face à face…

Cette sonate en si mineur, la seule qu’ai écrit Liszt, le compositeur souhaitait la voir transcrite pour deux pianos, ce qu’il n’eut pas le temps de faire – c'est peu dire que la vie de Liszt fut bien remplie – c’est son ami Camille Saint-Saëns qui se chargera de cette transcription pour deux pianos réalisée en 1914, bien après la mort la mort de Liszt. Une question de droits d’auteurs va ralentir la publication de ces partitions et ce sont deux interprètes unis à la ville comme à la scène (selon l’expression consacrée) l’ancien élève et son professeur de l’Ecole Normale de Musique qui l’interprètent et l’enregistrent pour la première fois (il faut lire les notes du livret, un entretien avec Frédéric Gaussin, tout à fait passionnant sur la genèse de ce travail à deux pianos)

A retrouver aussi dans le disque la Danse macabre de Saint-Saëns sorte d’exercice de transcription au carré puisque la partition d’orchestre sera transcrite pour le piano par Liszt, puis pour deux pianos par Saint-Saëns lui-même, avec plus tard des interventions d’Horowitz et d’Arthur Ancelle. Danse Macabre et « paraphrase » donc pour le plus grand bonheur des amateurs d’écoute comparée. A noter une prise de son particulièrement soignée – et un choix judicieux de deux pianos très différents- pour cette nouvelle édition du label russe historique Melodia.

Extraits diffusés :

  • - Liszt, Sonate en si mineur S. 178 (transcription pour deux pianos : C. Saint-Saëns)
  • - Saint-Saëns, Danse Macabre (avec les amabilités de Liszt, Horowitz, A. Ancelle)

Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle : 2 Sonates de Liszt pour 2 pianos (Melodia)

Site du département musique de la B.N.F. : (voir ici)

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