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Le pianiste français Lucas Debargue

Lucas Debargue, système d’adieux

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Le jeune pianiste signe à 25 ans un second enregistrement plein d’éclat, de Bach à Nikolaï Medtner, passant la grande 7ème sonate de Beethoven.

Le pianiste français Lucas Debargue
Le pianiste français Lucas Debargue Crédits : JOEL SAGET - AFP

Suite ou poursuite de la fugue... la toccata en ut mineur de Jean-Sébastien Bach ici interprété au piano par Lucas Debargue. Un interprète né en 1990 (il n’a pas encore 26 ans) qui s'est déjà fait remarquer au concours Tchaïkovski en 2015 - où d’ailleurs il n'a pas gagné (il est arrivé 4ème) mais qui a marqué les esprits – le pianiste s’attirant les éloges de musiciens comme Radu Lupu ou le grand chef russe Valery Gergiev qui l’a invité à jouer à ses côtés.

Vient de paraître le deuxième enregistrement de Lucas Debargue, un disque qui a des airs de concentré : deux siècles d'écart et de musique entre la première œuvre (de Bach qu’on entend ici) et la dernière pièce de Nikolaï Medtner. Comme le soulignait le critique Stéphane Friederich (qui pour Pianiste et Classica écrit sensiblement la même chose - mais c'est assez brillant) « chez Debargue, le style est soumis à la pensée narrative » : il attire ainsi la toccata de Bach vers l'improvisation « sa nature originelle », et enfin il « dénude cette musique qui s'enivre de l'idée de deuil - étonnante passion de la part de Medtner, alors âgé de 22 ans, et de la nostalgie de Brahms et Tchaïkovski ».

Après Bach suit une sonate de Beethoven, la 7ème , qui est aussi la plus longue, avec ce grand mouvement Largo e mesto, qu’on pourrait traduire par « ample et triste », saisissant de la première à la dixième écoute. Et la qualité des silences, des liaisons comme des fantaisies chez Lucas Debargue mérite évidemment qu'on ne parle pas au dessus, mais c'est pour mieux vous donner envie d'aller plus loin et d'écouter cet enregistrement à tête reposée. Quoique reposé, le serez-vous après la troisième œuvre, et pièce maitresse dans ce programme de Lucas Debargue ? La sonate ombrageuse de Nikolai Medtner (sonate en fa mineur op.5) dont le final évoque par endroit directement... Jean-Sébastien Bach, comme pour reprendre à son compte le mot de Cioran : « La musique, système d'adieux, évoque une physique dont le point de départ ne serait pas les atomes, mais les larmes ».

Bach, Beethoven, Medtner - Lucas Debargue (Sony Classical)

En concert au festival Pianoscope à Beauvais le 16 octobre, le 8 novembre Salle Gaveau et le 9 décembre au Théâtre impérial de Compiègne

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