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Orval Carlos Sibelius : Ordre et Progrès (Born Bad records)

Orval Carlos Sibelius : Ordre et Progrès distanciés

6 min
À retrouver dans l'émission

Le musicien volontiers qualifié de psychédélique publie son premier album en langue française. Les textes aussi éblouissants que violents, désespérés, sont servis par un chant comme distancié.

Orval Carlos Sibelius : Ordre et Progrès (Born Bad records)
Orval Carlos Sibelius : Ordre et Progrès (Born Bad records)
  • « Massé parmi tes semblables

  • Sur l’escalier mécanique

  • Un ressort dans les entrailles

  • Tu voudrais prendre la fuite

  • Ton voisin est condamné à te

  • marcher sur les pieds et t’insulter

  • Tu lui demandes pardon

  • Il ne te remarque pas

  • Comme à chaque humiliation

  • Tu retournes à ton état de passe-muraille !

  • Instantanément tu vires immatériel

  • Tu t’évapores

  • Aimé de personne tu ne manques à personne

  • Une vie passée dans un éclair

  • Seul dans ton formol à cogner la paroi du verre

  • Le monde a bien changé

  • Réveille-toi

  • Il y a eu greffe et il y a eu rejet »

Voilà pour la première piste du nouvel album d’un certain Orval Carlos Sibelius. Titre du disque : « Ordre et progrès » vous vous souvenez de la devise inscrite sur le drapeau brésilien, empruntée au positivisme d’Auguste Comte : « L’amour pour principe et l’ordre pour base ; le progrès pour but ». Si Auguste Comte était très critique vis-à-vis du libéralisme, cela ne dit rien de la politique menée depuis 1889 au Brésil ; contradictions fécondes à l’œuvre également dans la musique d’Orval Carlos Sibelius, qui pour la première fois (depuis qu’il publie des disques sous ce nom c’est à dire en 2006) chante en français.

Il y a pour chaque chanson un sous-titre : pour Coupure générale c’est un extrait du motif répété « Le monde a bien changé /Réveille-toi / Il y a eu greffe et il y a eu rejet ». Pour certaines chansons c’est un peu sibyllin « tout repart avec un chalumeau » ou encore « aussi vif qu’une aubergine », « ectoplasmes en position » mais d’autres signes laissent deviner ce qu’on pense être le propos du disque : quand vous commencez par « Coupure Générale » et que vous finissez par « Désastre et compagnie » on devine un optimisme pour le moins fissuré. Le fait de donner à une pièce instrumentale aussi belle qu’étrange le nom de « Locus Solus », nom qui renvoie à un roman de Raymond Roussel, (locus solus = le lieu unique) les choses deviennent de plus en plus complexes.

« Le bonheur se répand comme un cancer dans le cerveau des gens aux pensées suicidaires Tout ça est très gênant »

Axel Monneau alias Orval Carlos Sibelius, apparaît vers 2006 comme un musicien à part, passionné de cinéma (il travaille comme projectionniste), son précédent disque « Ascension » était né d’une commande pour accompagner « Les Rendez-Vous du Diable » long-métrage du géologue Haroun Tazieff, plein d’éruptions et coulées de lave.

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Dans les photos récentes Orval Carlos Sibelius apparaît en général romain avec un caddie dans le métro ou devant la Bibliothèque François Mitterrand (casque, cape rouge et cuirasse). Choix de la bibliothèque nationale qui s’explique peut-être par son choix d’écrire en français (jusqu’ici chantait plutôt en anglais)

Orval Carlos Sibelius (photo : Born Bad Records)
Orval Carlos Sibelius (photo : Born Bad Records)

« Je cherche à prendre la tangente mais je me retrouve toujours sur le même chemin », confie-t-il. « Dès que je lutte contre moi-même, ça ne donne rien de bon. » Cela produit surtout des textes d’un désespoir le plus fantastique possible, à la manière de sa diction faussement détachée (distanciée dirait-on peut-être au théâtre) :

  • On ressortira d’ici
  • L’esprit en paix le coeur léger le corps sans vie
  • Éparpillant les cendres des amis
  • Au hasard, comme on lance des confettis
  • Pour ne pas regarder en arrière
  • Il faudra bien sceller nos paupières

Avant d’écouter Antipodes qui serait peut-être le morceau « anthropocène » de l’album méditez sur ces derniers mots du disque : « Et comme un seul homme Nous marcherons vers la victoire totale du surplace ».

extraits diffusés :

  1. Coupure générale
  2. Les Oubliés
  3. Antipodes

« Ordre et Progrès » (Born Bad Records)

concerts vendredi 28 avril 2017 pour les dix ans du label Born Bad à Paris et puis le samedi 20 mai 2017 pour le festival Indigène à Nantes.

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