LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Photo prise le 14 septembre 1968 au Théâtre Fontaine à Paris, des Frères Jacques, célèbre quatuor vocal.

Paul Tourenne : le dernier des frères Jacques est mort hier

5 min
À retrouver dans l'émission

Les frères Jacques, fameux quatuor vocal, fut formé autour de 1945 autour de deux vrais frères de Saint-Nazaire, André et Georges Bellec, de François Soubeyran, un natif de la Drôme, et d’un Parisien, Paul Tourenne, donc, dont a appris le décès hier à l’âge de 93 ans.

Photo prise le 14 septembre 1968 au Théâtre Fontaine à Paris, des Frères Jacques, célèbre quatuor vocal.
Photo prise le 14 septembre 1968 au Théâtre Fontaine à Paris, des Frères Jacques, célèbre quatuor vocal. Crédits : STAFF - AFP

Les frères Jacques qui interprètent “Stanislas” en 1961 avec, vous l’avez reconnue, la jeune Brigitte Bardot. Les frères Jacques, rappelons-le à nos plus jeunes auditeurs, c’est ce fameux quatuor vocal dont les performances très visuelles firent le bonheur du Paris libéré avant de conquérir le monde. Il fut formé autour de 1945 autour de deux vrais frères de Saint-Nazaire, André et Georges Bellec, de François Soubeyran, un natif de la Drôme, et d’un Parisien, Paul Tourenne, donc, dont a appris le décès hier à l’âge de 93 ans. Cet homme modeste et généreux avait dès sa jeunesse développé son goût pour la musique et le spectacle alors qu’il animait des colonies de vacances. Après avoir fui le STO pendant la guerre, il intègre à la Libération un groupe tout juste monté et dont on dirait aujourd’hui qu’il fait le buzz : les frères Jacques. S’embarquant alors avec ses camarades, dans son justaucorps vert, dans une carrière faite de nombreuses tournées internationales, Paul Tourenne y trouve l’occasion d’y cultiver sa deuxième passion : la photo.

L’Afrique du Nord, l’Amérique du Sud, le Liban, les Etats-Unis : les frères Jacques jouent leur incroyable show mimé et chanté aux quatre coins du monde dès le début des années cinquante. Leurs textes sont signés entre autres Jacques Prévert, Boris Vian, Raymond Queneau ou Serge Gainsbourg, et leur musique influencée par le jazz vocal noir-américain comme par la chanson paillarde. Quand il ne répète pas avec ses faux frères, Paul Tourenne explore entre deux dates les lieux visités pour les immortaliser. Il finira d’ailleurs par exposer, notamment à la Galerie Maeght à Paris, et par publier plusieurs livres. Mais sa passion sert également son souci d’archiver la carrière de son quatuor. Là où ses comparses ne semblent pas tellement songer à la postérité de leur travail, Tourenne, lui, constituera, au delà de ses images, un vaste fonds documentaire consacré aux frères Jacques, aujourd’hui disponible à la BNF.

Général Castagnettas, une chanson d’un comique immédiat et qui montre, comme l’ensemble de l’œuvre des frères Jacques, leur authentique talent littéraire, musical et théâtral. Fan de la première heure, Pierre Tchernia, qui nous lui aussi quittés récemment, réalisera un documentaire à leur sujet et décrira leur travail comme une combinaison d’humour, d’intelligence et de poésie à la Alphonse Allais, Francis Blanche ou Marcel Aymé. La légende raconte que le quatuor répétait toujours à huis-clos avec leur pianiste et directeur musical, d’abord Pierre Philippe jusqu’en 1965, puis Hubert Degeix jusqu’à la fin de leur carrière, célébrée en 1982 au Casino de Paris. Souhaitons en tout cas à Paul Tourenne, mort hier à Montréal où il vivait depuis une dizaine d’années avec sa femme québécoise, Ginette, de vite retrouver ses amis André, Georges et François, et de se remettre avec eux à faire les Jacques.

Par Etienne Menu

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......