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Télévisée : La Souterraine

A Peine défigurée ou Télévisée : la France souterraine

5 min
À retrouver dans l'émission

Une nouvelle compilation signée de La Souterraine semble faire entendre le son de la France dans l’entre-deux tours. Avec pour pièce maitresse un poème de Paul Eluard accompagné d'une basse et percussions : A Peine Défigurée

Télévisée : La Souterraine
Télévisée : La Souterraine

« Tu ne peux délimiter mon territoire, Ta jalousie est un drone » ce sont les strasbourgeois du groupe Amor Blitz qui le disent, paroles à entendre en ouverture de cette nouvelle compilation signée de La Souterraine : « Télévisée ». Comme la soirée de beaucoup de français hier. Sauf que : les habiles graphistes de la STRN évoquent ici dans un visuel ORTF le célèbre mot de Gil Scott Heron : The Revolution Will Not Be Televised.

La Souterraine soit la plus grande des très petites entreprises de la musique en France qui je cite « cherche à occuper tous les styles hybrides minoritaires de la chanson française, à élargir le spectre d'écoute, l'horizontalité en sacerdoce ». En gros deux personnes (Laurent Bajon et Benjamin Caschera) et beaucoup de talents réunis pour proposer des compilations, des concerts et parfois une édition (même si La Souterraine n’est pas à proprement parler un label), le tout dédié aux expressions en langue française.

Les chansons d’aujourd’hui chantent-elles ce que sera demain ? On pourrait le croire avec cette belle musique signée d’un jeune Havrais de 23 ans, Ali Danel, qui s’empare de Paul Eluard : A Peine Défigurée. La couleur musicale, proche d’Areski Belkacem et Brigitte Fontaine redonne un chair nouvelle à ces vers :

Tu es inscrite dans les lignes du plafond, Tu es inscrite dans les yeux que j’aime, Tu n’es pas tout à fait la misère Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent Par un sourire

Paul Éluard, “À Peine Défigurée” (La vie immédiate, 1932)

Vous vous souvenez peut-être des derniers mots du poème : « Tête désappointée. Tristesse, beau visage ». Toujours en prise directe avec l’époque un certain François Club chant lui le Rétroviseur et l’inéluctable : « Comme si c'était fait exprès, comme si on y pouvait rien… (…) Tout va bien, t'inquiète pas » dans un mode plus « boogie » (musicalement François Goût évoque plutôt la France du premier septennat de François Mitterrand). On ne saurait trop recommander dans la même veine le funk en italien « variété-gelati » d’un certain Alex Rossi, fils d’immigré italiens installé du Gers qui promet une relation « Al Dente ».

On se quitte avec la belle proposition de NIT (Corentin Kerdraon qui publie l’album Dessous de plage) : des souvenirs à venir, afin « de rêver en été l’automne et ses couleurs », NIT qui veut ici – et c’est de circonstance : « réécrire le futur » imaginer un « demain soir divergeant ». Les paroles de Mélanie Péclat frappent encore par leur justesse à dire le goût des volontés contraires « Quand je me jette à l’eau, je la trouve toujours trop froide ».

extraits diffusés :

  • Amor Blitz : Ta jalousie est un drone
  • Ali Danel : à Peine Défigurée
  • François Club : Rétroviseur
  • Nit - Imparfaite

STRN : Télévisée (compilation en ligne ECOUTER / ACHETER ICI)

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