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Sarah Vaughan Live At Laren (Fondamenta / Devialet) Vinyle

Sarah Vaughan inédit : tout change

5 min
À retrouver dans l'émission

Le label Fondamenta publie un enregistrement de jazz inédit, concert de celle qui fut « la chanteuse des musiciens » dixit Dizzie Gillespie. Sonorité et interprétation à couper le souffle.

Sarah Vaughan Live At Laren (Fondamenta / Devialet) Vinyle
Sarah Vaughan Live At Laren (Fondamenta / Devialet) Vinyle

Tout change un jour, rien ne demeure… mais une fois le firmament atteint, certaines lumières semblent ne plus jamais faiblir. C’est le cas de la chanteuse Sarah Vaughan. Le 5 août 1975, à 30 kilomètres au sud-est d’Amsterdam, Sarah Vaughan monte sur la petite scène du festival de Laren et livre devant 300 personnes un concert qui à ce jour n’avait jamais été édité. Le label Fondamenta (dont a déjà dit tout le bien qu’on en pensait) s’est associé à Devialet dans une entreprise de recherche de bandes inédites et d’édition d’une qualité à couper le souffle (ils ont même fait des laques, vinyle à écoute unique, idée dingue) et publie cet enregistrement dont les bandes dormaient quelque part aux Pays-Bas (dans les archives de VARA Vereeniging Arbeiders Radio Amateurs)

Ce soir-là, le 5 août 1975 il fait très chaud, Sarah Vaughan fait des blagues, mais idéalement accompagnée (Carl Schroeder au piano, Bob Magnusson à la contrebasse et l’immense Jimmy Cobb à la batterie) elle entame par « The Man I Love » joué à toute vitesse, puis « I Got it Bad » de Duke Ellington, puis « ‘Round Midnight » et puis en plein milieu du programme « Everything Must Change » dont elle oublie les paroles…

Il suffit d’écouter quelques minutes pour comprendre pourquoi les musiciens l’appelaient « Sassy la Divine », Sarah Vaughan chanteuse préférée des musiciens à en croire Dizzy Gillespie :

Sarah Vaughan est la "chanteuse des musiciens", ainsi que Carmen McRae. Toutes deux jouent du piano et sont capables de s’accompagner. La quinte diminuée n’a pas de secret pour elles, non plus que les enchainements d’accords les plus audacieux sur lesquels elles sont aussi très à l’aise. (L’Odyssée du Jazz Noël, Balen, Ed. Liana Levi, p.307)

Remarquée très jeune, d’abord comme pianiste puis comme chanteuse, elle a joué aux côté de Billie Ekstine, Charlie Parker, Miles Davis et Dizzy Gillespie (entre autres). Elle fait partie de la génération des boppers, brille à la fois dans le scat, le growl l’improvisation. Elle ne fait pas l’objet d’un mythe, à l’égal de Billie Holliday ou de Bessie Smith, certains (comme Alain Gerber qui pourtant dit toute son admiration dans le bel article "Sarah, encore et toujours") lui reprochèrent de transformer les textes à sa guise et de ruiner parfois la signification des mots à force de virtuosité… Peut-être fut-elle « trop douée, trop heureuse, trop charmante » comme l’écrivait le journaliste Frank Bergerot, mais rien de trop léger chez Sarah Vaughan ce soir-là, et particulièrement dans cette composition de Benard Ighner créée un an auparavant par Quincy Jones. Décidément Everything must change pour Sarah Vaughan.

Extrait diffusé :

« Everything Must Change » (Benard Ighner)

Sarah Vaughan - Live at Laren 1975 (Fondamenta)

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