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Sleaford Mods album “English Tapas” (Rough Trade Records)

Sleaford Mods, tapas anglais

5 min
À retrouver dans l'émission

Le duo originaire de Nottingham prouve que sa recette unique entre punk dépouillé et spoken word à l’accent East Midlands fait toujours merveille. Constat social et humour ravageur pour l’Angleterre post-Brexit.

Sleaford Mods album “English Tapas” (Rough Trade Records)
Sleaford Mods album “English Tapas” (Rough Trade Records)

« Army Night » vous écoutez ce matin Sleaford Mods, duo anglais qui publie « English Tapas » condensé d’humour comme on le pratique seulement outre-Manche doublé d’une critique sociale aussi raide et précise que le phrasé du chanteur. Jason Williamson a créé Sleaford Mods en 2007, si dès le départ tout repose sur sa voix et sa plume c'est après sa rencontre avec Andrew Fearn en 2011 que tout change et qu’ils vont rencontrer un certain succès. La marque de fabrique est toujours la même : sur une boucle rythmique binaire (qu'on devine parfois samplée à partir de disque de rock) s’ajoute un flot quasi-ininterrompu de jeux de mots et de récits ponctués de « cunts », « twats » et de « bastardz ». Sur scène c’est très simple : Andrew Fearn appuie sur le bouton « Play » de l’ordinateur et il écoute Jason Williamson en buvant une bière et hochant la tête. (Il y aurait peut-être un sujet à creuser sur les musiciens qui ne font quasiment rien sur scène mais dont la présence fait toute la différence)

Exemple de propos dans leur précédent album avec Face To Faces : Jason Williamson cite directement le LibDem Nick Clegg accusé d’avoir trahi sa parole (« In our arses, in our food, in our brains and in our death / in our failure to grab hold of what fucking little we have left ») Nous avons perdu la raison « dans nos culs, dans notre bouffe, dans nos cerveaux et dans notre mort / dans notre échec à s’accrocher au peu qu’il nous reste »

Ce nouvel album de Sleaford Mods était attendu dans un contexte post-referendum qui laisse entendre une certaine amertume après le Brexit, les Sleaford Mods parlent à la fois d'argent, de morale et de politique, un peu comme le livre de Réné Dosière, mais sous un angle et une langue très différents : « Just like we Do »

Sleaford Mods - qui au passage n'évoque ni la ville de Sleaford (à l'Est de Nottingham) ni le courant Mods… visiblement le nom a été retenu parce qu'il « sonne bien », ou juste, tout comme l’accent East Midlands de Jason Williamson qui raconte avant tout la vie des milieux ouvriers, working class. Récit parfois atrabilaire comme le soulignait François Dieudonné qui les a rencontré pour Addict-Culture (voir l’interview Jason Williamson, Looking Glass Hero). Sleaford Mods qui se reconnaissent politiques par défaut « puisque de nos jours, tout l’est. Nous sommes cernés par cela (…) tu deviens nécessairement impliqué politiquement, parce qu’il y a vraiment trop d’injustice pour que cela puisse être ignoré, tout simplement. Sauf que l’oppression est devenue plus… raffinée (...) plus subtile. Ceci dit nous ne prônons pas la révolte, nous ne prétendons pas être socialistes ni même anarchistes, nous nous contentons de décrire ce que nous voyons autour de nous »

Comme le titre « BHS » qui évoque la chute de British Home Stores une chaîne de magasins célèbre en Angleterre, fondée en 1928, achetée en 2000 par Philip Green qu'il la revendait en 2015 pour une livre symbolique, laissant plus 8 000 salariés au chômage, sans retraite. Des photos de Philip Green sur la terrasse de son super yatch à 100 millions de livres au moment où 20 magasins fermaient avaient choqué, jusqu'au parlement anglais. C’est justement ce yatch que met en scène le duo dans le clip.

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On se quitte avec Carlton Touts (ne me demandez pas de traduire)

Enfin si l’authenticité des propos du groupe n’a pour l’heure pas fais douter ceux qui le sont croisés, on est en revanche plus circonspect à la lecture des arguments de vente de leur nouveau label Rough Trade : « L’album sortira en édition limitée vinyle rouge, en CD, en digital et également en cassette (seulement 150). Les 1000 premières commandes de la version vinyle contiendront la chanson bonus ‘Big Trouble In Little Costa’, une rétrospéctive de leurs concerts sous forme de bouquin contenant des photos exclusives de Simon Parfrement avec des commentaires du groupe, un paquet king size de feuilles à rouler Rizla ainsi qu’un dessous de verres à bière. » (sic)

Comme disait l’autre : Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

extraits diffusés :

  • Army Nights
  • Just Like We Do
  • Carlton Touts

Sleaford Mods album “English Tapas” (Rough Trade Records)

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