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Thomas de Pourquery & Supersonic « Sons of love » (Label Bleu)

Thomas de Pourquery, le rêve et les ondes

5 min
À retrouver dans l'émission

Toujours accompagné du quintet Supersonic, le saxophoniste publie « Sons Of Love » un disque onirique, rêvé à tout point de vue. Ce qui pourrait ressembler à une suite du projet Sun Ra s’avère être un récit personnel formidable, libérateur.

Thomas de Pourquery & Supersonic « Sons of love » (Label Bleu)
Thomas de Pourquery & Supersonic « Sons of love » (Label Bleu) Crédits : photo : Flavien Prioreau

Sons of Love ou les enfants, les fils de l’amour ; vous écoutez Thomas de Pourquery et Supersonic un supergroupe qui accompagnait déjà le saxophoniste barbu dans son précédent disque consacré à Sun Ra. Suite et discours à la première personne cette fois-ci avec ce « Sons of Love » enfants de la nuit à en juger par le caractère onirique de l’album (et l’on sait que les rêves sont aussi peuplés d’angoisses) Thomas de Pourquery dit avoir « rêvé » de ce nouvel album :

« Alors que je fais rarement des rêves de musique - J'étais comme un petit oiseau dans un immense hangar désaffecté à ciel ouvert. Je pouvais toucher les clefs du saxophone, me poser sur une syllabe, et puis tout à coup sauter sur les touches du piano, ou faire du trampoline sur la corde grave de la basse (…) Fasciné par ce son intersidéral qui me caressait, je n'entendais pas de mélodies mais une énergie, des ondes où se lover. (…) Pour tout compositeur, il y a toujours le challenge infernal de "faire oeuvre" de "se raconter" et à mon réveil j'ai eu ce déclic, j'avais compris. Il ne fallait qu'écrire des prétextes pour que la machine puisse continuer à vibrer »

Résultat ces « coltrainées d'ondes et sunravissements stellaires » sous la plume électrique du cornettiste Médéric Collignon, emballé par le disque de son confrère dans Jazz Magazine. Comment ne pas saluer la liberté accordée à chacun des musiciens (le piano d’Arnaud Roulin dans Diamond Brown) mais aussi cette capacité à ralentir, freiner, dilater même dans la langoureux et sublime « Slow Down » ?

Thomas de Pourquery, déjà salué ici pour ses différents projets notamment VKNG ) un son et un physique qu’on n’oublie pas : carrure de rugbyman, crane rasé, barbe épaisse, un autodidacte capable de passer au Conservatoire puis à l'Orchestre National de Jazz avant de rejoindre le Megaoctet d'Andy Emler, qui a longtemps mené des projets franchement rock (DPZ, Rigolus), cet heureux colosse se met aussi souvent au service des autres, capable de faire oublier Julien Clerc dans sa version de l’Amérique, il a même chanté Verlaine (l’Air de Loire) pour le gallois John Greaves.

On se quitte sur ces considérations rêvées pour évoquer Pourquery :

« La musique, qu’on nous passe le mot, est la vapeur de l’art. Elle est à la poésie ce que la rêverie est à la pensée, ce que le fluide est au liquide, ce que l’océan des nuées est à l’océan des ondes. Si l’on veut un autre rapport, elle est l’indéfini de cet infini. La même insufflation la pousse, l’emporte, l’enlève, la bouleverse, l’emplit de trouble et de lueur et d’un bruit ineffable, la sature d’électricité et lui fait faire tout à coup des décharges de tonnerres. »

Victor Hugo dans « William Shakespeare »

extraits diffusés :

  • Sons of Love
  • Slow Down
  • Give The Money Back

Thomas de Pourquery & Supersonic « Sons of love » (Label Bleu)

Concerts : mercredi 8 mars 2017 à la Maison de la Culture d'Amiens / 25 mars 2017 à Ferrals les corbières (Aude) /25 avril 2017 à la Gaité Lyrique à Paris / 15 juin 2017 à Lille

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