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Bob Dylan - Triplicate (Columbia)

Triplicate : Dylan partout, et nulle part

5 min
À retrouver dans l'émission

Le chanteur et récent prix Nobel de Littérature poursuit son exploration du Songbook américain, répertoire privilégié de Frank Sinatra, avec un triple disque aussi élégant que fragile.

Bob Dylan - Triplicate (Columbia)
Bob Dylan - Triplicate (Columbia)

Braggin’ ou le fait de se vanter (sans raison valable) chante Bob Dylan, qui après avoir été l’icône de la contre-culture, tantôt folk puis rock puis country, cynique puis born-again, puis même Prix Nobel de littérature tend à se faire crooner ces dernières années, visitant le répertoire du Great American Songbook, et notamment celui de Frank Sinatra.

Bob Dylan à voir en double parce qu’il jouera ce soir au Zénith de Paris et demain à la Seine Musicale, (inauguration de la nouvelle salle de spectacles de Boulogne, sur l’île Seguin). Bob Dylan en triple aussi comme l’indique son nouvel enregistrement en trois disques, 30 chansons puisées dans le répertoire américain, des chansons souvent créées avant sa naissance (1941) signées Oscar Hammerstein II, Johnny Mercer, Irving Berlin. Et comme souvent ce sont les choix de chansons qui parlent autant que l’interprète : « The Best Is Yet To Come » : le meilleur est à venir dit la chanson de Cy Coleman et Carolyn Leigh, tandis que Stormy Weather elle n’évoque qu’une pluie incessante, et la déception…

Ecoutez le final tout en retenue avec orchestre pour « Stormy Weather » ici chanté par Bob Dylan. La production de ce triple album (en trois volets donc : ‘Til The Sun Goes Down pour le premier, puis Devil Dolls et enfin Comin ’Home Late) est signée Jack Frost, c'est à dire lui-même (un de ses pseudonymes de Dylan). S’il s’efface derrière le répertoire qu’il veut servir, vous ne trouverez personne d’autre que Dylan sur ce disque : ni les auteurs, les compositeurs, ni les musiciens ne sont crédités sur ce « long playing microgroove » enregistré et édité chez Columbia.

Seul texte ici : celui signé de Tom Piazza, un écrivain et romancier attaché à la Nouvelle-Orléans (auteur de la série Treme pour HBO) Grammy Award des meilleurs notes de livret pour la série Martin Scorsese Presents The Blues: A Musical Journey. (Il mentionne tout de même que le guitariste du disque est Dean Park et le bassite Tony Garnier) Tom Piazza évoque ici toutes les nuances du phrasé de Dylan, subtilités que l’on saisit d’autant mieux si l’on connait déjà bien ces chansons. Mais pour qui a encore Sinatra ou Billie Holiday à l’esprit, difficile d’entendre les notes péniblement tenues de Dylan (sur How deep is the ocean par ex.). « It's funny to everyone but me” disait la chanson de Jack Lawrence (chanson de 1939) c’est drôle pour tout le monde sauf pour moi. Peut-être faut-il y voir un signe (encore) si Dylan choisit de commencer ce Triplicate par : I guess I'll have to change my plans.

Extraits diffusés :

  • Braggin' (Jimmy Shirl, Robert Marko, Henry Manners)
  • Stormy weather (Harold Arlen, Ted Koehler)
  • I guess I'll have to change my plans (Arthur Schwartz, Howard Dietz)

Bob Dylan : Triplicate (Columbia)

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