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16 avril 1913 : ouverture de l'hôpital d'Albert Schweitzer à Lambaréné, au Gabon

3 min
À retrouver dans l'émission

« C’était l’après-midi du vendredi saint de 1913. A Gunsbach, le village des Vosges où j’ai passé mon enfance, les cloches avaient annoncé la fin du service divin. Soudain, le train apparut au détour de la forêt. Notre voyage en Afrique commençait ». Ainsi parle Albert Schweitzer. Et le 16 avril 1913, à Lambaréné au Gabon, à l’arrivée de son premier périple : « La vue est ravissante. Au pied de la colline, le courant d’eau la forêt autour à travers les arbres, on aperçoit la nappe du grand fleuve. Dans le lointain, une chaîne de montagnes bleues ». Et, plus loin : « Dans ma détresse, je me décidai à élever au rang de dispensaire un petit débarras en tôle… On monta quelques rayons et on badigeonna les murs à la chaux. J’étais heureux ».

Même si sa place est un peu moindre aujourd’hui que du temps où il recevait le prix Nobel de la Paix en 1952, ou de celui où il était le héros d’une pièce de Gilbert Cesbron (adaptée ensuite au cinéma avec Pierre Fresnay) « Il est minuit Docteur Schweitzer », il continue d’incarner une part de la conscience occidentale du XXème siècle, avec ses glissements de sens, « respect de la vie » (inspiré du bouddhisme et qui sera sa philosophie ), « action humanitaire », bientôt « développement durable » et un rapport des pays colonisateurs à l’Afrique qui fait alterner pédagogie de l’émancipation et paternalisme. La personne d’Albert Schweitzer est controversée – très – mais là n’est pas le propos.

Né en 1875 dans une Lorraine annexée à l’Allemagne, Albert Schweitzer devient pasteur, théologien, organiste, musicologue (grand spécialiste de Bach), passe ses doctorats à Strasbourg et devient finalement médecin spécialiste des maladies tropicales pour pouvoir réaliser un engagement pris à l’âge de 20 ans de consacrer sa vie au service d’autrui à la suite de la lecture d’un article du Journal des Missions évangéliques de Paris. C’est cet homme promis au confort de sa position universitaire et intellectuelle qui décide que la continuité de sa formation – ô combien occidentale – est précisément de partir dans ces terres colonisées pour construire une médecine locale, insérée dans le tissu social et respectueuse de ses traditions. C’est sur un terrain des missions évangéliques qu’il s’installe. Et il va rester à Lambaréné jusqu’à sa mort, en 1965. Les missions évangéliques de Paris, qui accompagnent en quelque sorte le colonisateur de la République car, comme le suggérait Gambetta, l’anticléricalisme n’est pas un produit d’exportation.

Mais, en 1913, Albert Schweitzer est allemand. Dès 1914, il est mis en résidence surveillé, puis arrêté en 1917, incarcéré dans les Hautes Pyrénées. 1918 fera de lui un français, et l’aventure de Lambaréné, arrêtée pendant la guerre pourra alors recommencer, jusqu’à aujourd’hui.

> Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913.

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