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Enver Pacha  (1881-1922), figure du coup d'Etat du mouvement des Jeunes Turcs en janvier 1913

23 janvier 1913 : prise de pouvoir par les "Jeunes Turcs" à Istanbul

3 min
À retrouver dans l'émission

Cela faisait déjà quelque temps que l’empire ottoman est "l’homme malade de l’Europe" quand en janvier 1913, un bref coup d’Etat a lieu à la Sublime Porte, à Constantinople : les Jeunes turcs reprennent le pouvoir. Parmi eux, Enver Pacha...

Enver Pacha  (1881-1922), figure du coup d'Etat du mouvement des Jeunes Turcs en janvier 1913
Enver Pacha (1881-1922), figure du coup d'Etat du mouvement des Jeunes Turcs en janvier 1913 Crédits : Hulton Archive - Getty

En janvier 1913, un bref coup d’Etat a lieu à la Sublime Porte, à Constantinople / Istanbul : les jeunes turcs reprennent le pouvoir et Enver Pacha tue à bout portant le ministre de la guerre Nazim. Cela faisait déjà quelque temps que l’empire ottoman était "l’homme malade de l’Europe". Progressivement évincé des Balkans, au fur et à mesure des indépendances – Grèce, Roumanie, Bulgarie, Serbie… -, ruiné par ses crises intestines, travaillé par des forces modernisatrices qui peinaient à s’imposer, l’empire avait connu une série de convulsions à partir de 1908, convulsions liées en effet à la situation balkanique. Au pouvoir depuis 32 ans, le sultan Abdulhamid était hanté par les complots, changeait de chambre tous les soirs pour déjouer les assassins, mais, au milieu de ses ruses, maintenait un pouvoir sans partage.

Malgré la répression dont il était l’objet, le Comité Union et Progrès, c’est-à-dire le parti Jeune Turc, porteur à la fois du changement – il était né le 14 juillet 1889, en souvenir de la révolution française – et de valeurs nationalistes face à l’atomisation de l’Empire, s’appuya sur l’armée. Beaucoup d’officiers l’avaient rejoint pour contraindre le sultan à rétablir une constitution adoptée en 1876. Celui-ci voulut reprendre ses prérogatives absolues en 1909 et fut déposé. C’en est fini du pouvoir absolu du sultan. Son frère Mehmet V qui lui succède n’a pas de pouvoir réel. Les libéraux sont au gouvernement. Mais, la situation ne s’améliore pas pour autant : de la Crête à la Macédoine, de l’Albanie à la Libye (toutes deux convoitées par l’Italie), en passant par la Syrie, l’empire entier était soumis à des forces centrifuges encore aggravées par les guerres balkaniques qui éclatent en 1912 et première grande alerte avant la déflagration. C’est à l’occasion des défaites turques et pour empêcher, disent-ils, tout esprit de capitulation, que le pouvoir est ainsi ressaisi en janvier 1913. Un triumvirat est constitué : outre Enver, Djemad gouverneur militaire d’Istanbul et Talaat ministre de l’Intérieur. Les principaux opposants sont pendus. Après les remous de 1912, l’armée rétablit quelque peu ses positions, stabilise sa situation et reprend Andrinople, sur la rive européenne.

A l’intérieur, des éléments de modernisation sont engagés dans l’éducation, dans le monde ouvrier, dans les infrastructures. Mais, l’essentiel n’est pas là : le nationalisme turc s’exprime de plus en plus, au détriment des minorités de l’empire. A l’extérieur, le triumvirat fait rapidement le calcul qu’il peut, en se rapprochant des allemands, s’émanciper de l’influence économique anglaise et française et lutter contre leur traditionnel adversaire russe.

Ce choix mortifère dans la guerre à venir précipitera le démembrement de l’empire ottoman, avant que, sur ses ruines, Mustapha Kemal ne fonde après la guerre la Turquie moderne.

> Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913. 

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