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23 septembre 1913 : première traversée en avion sans escale de la Méditerranée

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À retrouver dans l'émission

Traversée faite par Roland Garros de Saint-Raphaël à Bizerte (nord de la Tunisie).

23 ans que Clément Ader a fait décoller un engin – l’Eole – qu’il va bientôt baptiser « avion », 10 ans que les frères Wright ont réalisé les premiers vols en Caroline du Nord sur un appareil biplan équipé d’un moteur à explosion.

En 1909, Louis Blériot a traversé la Manche. Dernier né de la révolution industrielle des transports, l’avion connaît un développement rapide, que la guerre va surmultiplier.

Roland Garros n’est pas un joueur de tennis, même s’il est un grand sportif, cycliste, rugbyman et aviateur. Il s’initie sur une « Demoiselle », ce premier avion ultraléger – moins de 60 kgs – créé par le brésilien Alberto Santos-Dumont, légende de l’amitié France-Brésil, pacifiste qui finira par se donner la mort, devant l’usage guerrier fait de ses inventions. Puis, il devient pilote professionnel et part aux Etats-Unis pour une tournée d’exhibitions aériennes qui se poursuit au Mexique et à Cuba.

C’est en Europe, en France en particulier, la belle époque des meetings aériens qui réunit des dizaines de milliers de spectateurs. Il y devient une star. Dès 1911, il bat le record d’altitude, fait une tournée en Amérique du Sud où il est le premier à traverser la baie de Rio. Vainqueur d’innombrables courses, il devient, pour la presse, le « champion des champions ». Les records et les exploits se succèdent. En décembre 1912, il est le premier à relier deux continents en joignant Tunis à Trapani en Sicile. Enfin, le 23 septembre 1913, il réussit la première traversée aérienne de la Méditerranée en 7 heures et 53 minutes. Parti de Fréjus à 5h47 du matin, sur un Morane, il part à la boussole, connaît deux pannes, arrive à Bizerte avec cinq litres d’essence dans le réservoir.

On imagine mal le triomphe, la popularité de l’aviateur, un type de popularité qu’évoquera plus tard un film comme La règle du jeu de Renoir (le personnage d’André Jurieux) car l’épopée de l’aviation va se prolonger entre les deux guerres avec, notamment, la grande aventure de l’aéropostale. Car, au départ, c’est bien au courrier que l’on pense quand il s’agit d’avions.

Coqueluche du tout Paris, roulant en Bugatti, reçu partout, Roland Garros devient naturellement pilote de guerre. Technicien, maître de ses machines, il met au point le dispositif qui permet à une mitraillette de tirer dans l’axe de l’avion, à travers la rotation de l’hélice. Comme Guynemer, il meurt en combat aérien, la veille de ses 30 ans, le 5 octobre 1918.

La guerre a tout changé et l’avion est entré dans l’ère industrielle par la voie militaire. 50.000 avions sont construits pendant le conflit.

> Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913.

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