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30 novembre 1913 : première apparition de Charles Chaplin

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C’est en 1908 que le jeune comédien anglais Charles Spencer Chaplin, âgé de 19 ans mais enfant de la balle est engagé dans la troupe de Fred Karno, le principal impresario de music-hall britannique, inventeur de sktechs, de pantomime et, notamment dit-on, de l’usage promis à un brillant avenir de la tarte à la crème ! Lors d’une tournée de la troupe aux Etats-Unis, en 1913, Chaplin est remarqué par l’acteur puis réalisateur Mack Sennett, qui vient de créer en Californie une firme cinématographique consacrée à la comédie, la Keystone. C’était l’époque où la star mondiale du burlesque était le français Max Linder, tandis que Pathé et Gaumont s’imposaient partout avec des courts-métrages comiques. Mack Sennett veut aller dans cette voie. Pour 150 dollars de salaire hebdomadaire, Charlie Chaplin abandonne Fred Karno et le théâtre pour le cinéma : nous sommes le 25 septembre 1913.

Dès le mois de novembre, Charlie Chaplin apparaît dans un premier film de Mack Sennett , Making a living dans le rôle d’un dandy, inspiré de Max Linder. Il n’est content ni de sa prestation – habitué qu’il est du théâtre -, ni de la réalisation. Mack Sennett lui ayant demandé de se créer un maquillage, Chaplin se crée un personnage, celui que les anglo-saxons appellent Le vagabond, The tramp et que nous appelons Charlot. Cette évolution se fait en quelques semaines de la fin de l’année 1913 puisque c’est en février 1914 qu’apparaît pour la première fois ce personnage promis à une si grande gloire : 6 minutes, Charlot est content de lui en français, Kid’s Auto race en anglais : 6 minutes de film, badine, chapeau melon, redingote étriquée et moustaches, l’apparence est déjà là. Il s’agit bien encore d’un dandy, mais d’un dandy SDF. Et si le personnage n’a encore aucune épaisseur, il va peu à peu l’acquérir, Chaplin élaborant progressivement l’individu sensible qui va s’imposer. Il prend en main la réalisation et construit les films suivants. Deux ans plus tard, Essanay lui offre un contrat de 1250 $, en 1916 la Mutual de 15.000. Chaplin devient en très peu de temps un des acteurs les mieux payés. Il accompagne la consolidation de l’industrie du cinéma américaine. Les films d’allongent, deviennent plus ambitieux. On l’a vu en France avec Fantomas. On le voit aux Etats-Unis avec les films de Griffith Naissance d’une nation en 1915, Intolérance en 1916.

De 1913 à 1936, dernière apparition de Charlot dans Les temps modernes, dernier film muet aussi bien qu’il soit sonore, le personnage inventé par Chaplin fait rire, fait pleurer et analyse implacablement la société du temps. Dans ce dernier film, Charlot parle pour la première fois, ou plutôt chante, et ce qu’il chante est, comme on sait, incompréhensible, en hommage au muet.

Se bella piu satore, je notre so catore

Je notre qui cavore, se la qu’, la qui, la cuai...

Les soldats du front vont découvrir Charlot pendant leur permission ou lors de quelques projections faites au front, pour leur remonter le moral. Blaise Cendrars écrira : « Charlot, Charlot, Charlot dans toutes les cagnas et la nuit on entendait rire jusqu’au fond des sapes. A gauche et à droite, et toute la ligne de poilus derrière nous se trémoussait : Charlot, Charlot, Charlot ! »

Retrouvez aussi notre Grande Traversée consacrée à l'été 1913.

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